Bruxelles, 12/02/2015 (Agence Europe) - Une Union de l'énergie orientée vers l'avenir, profitable aux citoyens et à l'industrie, qui combatte la pauvreté énergétique et assure un approvisionnement stable, abordable et durable: telle est la vision du groupe des socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen, qui a exposé sa position au commissaire Maros Sefcovic, en marge de la session plénière, mardi 10 février.
Pour chacun des huit objectifs clés qu'il préconise, le groupe S&D propose une série d'actions à mettre en oeuvre. Pour opérer la transition vers une économie décarbonisée, il prône de réviser à la hausse les objectifs en matière d'efficacité énergétique (40% contre 27%) et de renouvelables (45% contre 27%) dans le cadre 'énergie/climat' 2030, et de les rendre contraignants. Il prône aussi une révision des directives 'efficacité énergétique' et 'performance des bâtiments'.
Afin de mettre en place un réseau européen d'infrastructures intelligent, le groupe S&D préconise un nouvel objectif contraignant pour les interconnexions électriques transfrontalières, un soutien accru aux interconnexions dans le cadre du MIE (Mécanisme d'Interconnexion pour l'Europe) et l'actualisation de la liste des infrastructures prioritaires (PCI).
Plaçant le citoyen au coeur du projet d'Union de l'énergie, le groupe S&D prône une révision du 3ème paquet de libéralisation avec l'objectif de renforcer les droits des consommateurs et la transparence et de faire en sorte que la baisse des prix de gros soit répercutée sur les prix au détail et que tous les consommateurs bénéficient automatiquement des meilleurs tarifs. La Commission est invitée à élaborer une communication spéciale sur la pauvreté énergétique en Europe, adossée à un plan d'action incluant la définition de la pauvreté énergétique et l'élaboration de tableaux de bord nationaux en la matière.
Dans un souci d'équité accrue des règles de jeu, le groupe S&D plaide pour des réformes structurelles de l'ETS qui fixent le prix du carbone à un niveau suffisamment élevé et garantissent la conformité des nouveaux investissements aux objectifs climatiques et énergétiques de long terme. En outre, il demande à la Commission d'étudier la faisabilité d'un mécanisme d'ajustement fiscal frontalier et la définition de normes d'émission ou de tout autre moyen susceptible de protéger l'industrie de l'UE contre la concurrence déloyale.
Le groupe S&D préconise une nouvelle stratégie d'investissement reposant sur un instrument européen d'une capacité de 400 milliards € sur six ans, sur lequel les projets d'infrastructures énergétiques pourront s'appuyer. Pour assurer une solide base industrielle et l'investissement dans la R&D, il préconise une révision de la stratégie Horizon 2020 qui reflète les priorités de l'Union de l'énergie.
Dans la dimension extérieure du projet, le groupe S&D prône la révision du mécanisme d'échange d'informations sur les accords intergouvernementaux entre États membres et pays tiers dans le domaine de l'énergie afin de le renforcer et d'accroître le rôle de la Commission. Il préconise l'attribution de nouveaux pouvoirs à la Commission pour planifier et négocier des projets d'infrastructure majeurs et il soutient l'option d'un mécanisme volontaire d'achat de gaz en commun.
Enfin, pour accroître la solidarité entre États membres, le groupe S&D prône la révision des règles sur la sécurité d'approvisionnement en gaz afin d'améliorer les réserves et d'établir éventuellement des réserves stratégiques communes. Il demande aussi à la Commission de préparer des propositions concernant l'amélioration des mécanismes européens de coordination des politiques énergétiques nationales.
« Nous devons mener le combat pour une Union de l'énergie progressiste et imprégnée de social. Nous ne pouvons permettre au statu quo et à la myopie des intérêts historiques particuliers de primer. Il est temps de faire preuve d'audace », explique la députée belge Kathleen Van Brempt. (Emmanuel Hagry)