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Bulletin Quotidien Europe N° 11252
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) grÈce

L'heure est à la recherche des points de convergence

Bruxelles, 12/02/2015 (Agence Europe) - Se concentrer sur les idées qui convergent. Telle est la première étape sur laquelle se sont mis d'accord, vendredi 12 février, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Puisque M. Tsipras était à Bruxelles pour son baptême de feu, « nous ne sommes pas entrés dans des négociations », a expliqué à l'issue du Conseil européen, Donald Tusk, qui préside les sommets.

La décision de jeter des bases communes a été prise lors d'une rencontre bilatérale avec M. Dijsselbloem, au lendemain d'un fiasco à l'Eurogroupe qui a vu partir deux ministres convaincus que les positions avaient convergé vers une déclaration commune, avant qu'un coup de fil du ministre grec a Athènes ne réduise à néant les efforts de six heures de discussions (EUROPE 11251). Une décision collective du gouvernement grec de ne pas signer ce projet de déclaration, selon M. Tsipras.

Cette rencontre bilatérale a été épaulée par le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, « inquiet » à son arrivée au Sommet, mais les 'grands Etats' ont été tout de même consultés, indiquent plusieurs sources concordantes. Le Grec et le Néerlandais se sont donc accordés pour demander « aux institutions d'engager (les discussions) avec les autorités grecques pour commencer à travailler sur une évaluation technique des points communs entre le programme actuel et les plans du gouvernement grec, afin de faciliter les discussions à l'Eurogroupe, lundi 16 février ». « Je suis très prudent sur le plan politique », a dit M. Dijsselbloem en quittant le sommet. « Ça va être difficile, ça va prendre du temps, n'ayez pas déjà de trop grands espoirs », a-t-il ajouté.

Le gouvernement grec a expliqué plusieurs fois qu'environ 70% du programme d'ajustement économique contenait des réformes qu'il pourrait lui-même entreprendre. « Il faut voir, pour les 30% où il y a divergence, ce que nous pouvons faire », a expliqué M. Juncker après le sommet, précisant qu'une « mesure annulée doit être remplacée par une nouvelle mesure » qui produise le même effet en termes budgétaires.

« J'ai expliqué que nous ne sommes pas d'accord avec les règles qui provoquent l'austérité, mais nous sommes obligés de respecter les règles », a expliqué Alexis Tsipras. Une source gouvernementale grecque a expliqué, jeudi matin, que la difficulté dans les négociations avec les partenaires était de savoir si la base des discussions était le programme précédent ou non. Les conditions particulières de ce programme « ont été rejetées par le peuple grec », a expliqué cette source. « Insister sur le fait que le programme précédent devrait être mis en oeuvre est équivalent à dire que les élections ne comptent pas », a-t-elle ajouté.

Soulignant que la Grèce dégageait un excédent budgétaire primaire, le président français, François Hollande, a mis l'emphase sur les réformes structurelles, comme la réforme de l'administration publique et le renforcement du contrôle fiscal mis en avant par Alexis Tsipras.

Un des points que les Grecs voudraient notamment voir modifiés est l'objectif fixé d'un excédent primaire de 4,5% du PIB en 2016 et au-delà. « Qui pourrait croire que la Grèce, sous n'importe quel gouvernement, serait capable de dégager un tel excédent ? », a argumenté cette source gouvernementale, promettant toutefois la discipline budgétaire.

L'ancien programme et son austérité stricte « c'est terminé, et la 'troïka' n'existe plus, le protocole d'accord n'existe plus », a affirmé Alexis Tsipras, se disant toutefois prêt à discuter avec la Commission, la BCE et le FMI. Ce que refuse le gouvernement, selon cette même source, est d'avoir affaire à des technocrates.

Difficile donc de croire à ce stade que la Grèce acceptera une extension du programme actuel, préconisé par l'Eurozone. La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré qu'elle serait « heureuse d'accueillir les demandes de prolongation, si on remplit ce programme je serai heureuse ». Ce que veulent les Grecs, ce n'est pas « un nouveau prêt », a expliqué cette source gouvernementale grecque, pour qui les profits que doit rétrocéder la BCE sur les obligations qu'elle détient (environ 1,9 milliard d'euros), « ce n'est pas un prêt, c'est juste de l'argent ». Athènes souhaiterait également l'augmentation d'environ 10 milliards d'euros du plafond de bons du Trésor que le pays peut émettre.

Enfin, la Grèce veut accéder à l'enveloppe réservée pour les banques, environ 10 milliards d'euros, pour stabiliser le secteur bancaire. Une somme qui pèse déjà dans la dette publique, a souligné cette source gouvernementale. Une source de l'eurozone explique toutefois que pour accéder à cette enveloppe, la Banque nationale grecque doit prouver que ses banques sont dans le besoin et la DG Concurrence de la Commission devra y donner son feu vert, avant le Fonds européen de stabilité financière.

La BCE a par ailleurs décidé, jeudi, d'augmenter à 65 milliards d'euros le plafond de liquidités d'urgence ('ELA') pour les banques grecques. La Grèce ne veut en outre pas de la dernière tranche du FESF. « Nous serons en mesure de nous financer, nos besoins sont gérables », a assuré cette source grecque.

A l'issue de ce financement de transition, environ jusqu'à septembre, la Grèce commencerait alors avec l'eurozone un nouveau 'contrat social pour la croissance', selon M. Tsipras. Interrogée sur le financement de ce programme, cette source s'est contentée d'évoquer un budget à l'équilibre. L'excédent budgétaire du gouvernement s'est toutefois affiché à 443 millions d'euros en janvier, contre un objectif de 1,37 milliard. (Elodie Lamer avec MD, EH, LC, MB, IL, AN)

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