Bruxelles, 16/01/2015 (Agence Europe) - Lors d'une conférence de presse en marge de la 'semaine verte internationale', à Berlin jeudi 15 janvier, le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, s'est montré prudent sur les changements à apporter à la politique agricole commune (PAC). Il a aussi insisté sur le besoin, pour les producteurs touchés par l'embargo russe sur les produits agroalimentaires, de trouver de nouveaux débouchés, même si cela prend du temps.
Phil Hogan, qui participe, samedi 17 janvier à Berlin, à un sommet des ministres de l'Agriculture (avec plus de 70 ministres), a déclaré devant la presse, au sujet de la réforme de la PAC, qu'il ne voulait pas parler beaucoup des changements supplémentaires qui pourraient intervenir au cours des prochaines années, car il estime qu'il faut accorder aux agriculteurs de la « stabilité » et les laisser appliquer la nouvelle réforme qui vient tout juste d'entrer en vigueur (1er janvier 2015 pour le nouveau système d'aides directes et le verdissement).
Le commissaire va, comme demandé par le président Jean-Claude Juncker, établir avant octobre 2015 une sorte de feuille de route sur la simplification de la PAC. Mais « nous devons voir comment la réforme fonctionne en pratique, avant d'envisager de faire des changements ».
Il a évoqué aussi les nouvelles lignes directrices sur les ventes conjointes (EUROPE 11231). Selon lui, ces nouvelles lignes directrices représentent « un pas en avant » en accordant un réel pouvoir aux petits producteurs au sein de la chaîne alimentaire.
Sur l'embargo russe, il a admis que cela prenait du temps de trouver des marchés alternatifs. Il a dit, après avoir rappelé les aides fournies (soutiens pour les producteurs de lait finlandais et des pays baltes…), que la Commission continuerait de suivre de près le marché et agira par de nouvelles mesures, si besoin, même si le budget de la PAC est plus serré que jamais.
Sur le marché du lait, la situation est tendue à cause de l'embargo russe et de la hausse de la production dans certaines régions (après les prix élevés en 2014 et en anticipant la fin des quotas laitiers, en avril 2015), a expliqué Phil Hogan. « De nombreux acteurs du secteur ont attendu avec impatience depuis de nombreuses années la fin des quotas. Mais la fin des quotas signifie également que le secteur doit apprendre à lire les signaux du marché », a relevé le commissaire. La création de l'observatoire du marché du lait est une étape pour améliorer la transparence du marché, et les chiffres actuels montrent bien que les prix baissent comparés aux niveaux élevés de 2014, a-t-il conclu. (LC)