Bruxelles, 12/01/2015 (Agence Europe) - L'ancienne ministre des Affaires étrangères, la conservatrice Kolinda Grabar Kitarovic (46 ans), a été élue présidente de la Croatie, à l'issue du second tour de scrutin de l'élection présidentielle, dimanche 11 janvier. Elle l'a emporté face au président sortant, le social-démocrate Ivo Josipovic. Elle est ainsi la première femme président dans les Balkans élue au suffrage universel.
« Je vous promets que la Croatie sera un pays prospère et riche, un des pays les plus développés de l'Union européenne et du monde », a déclaré la nouvelle présidente du pays. La candidate du camp conservateur a obtenu 50,4% de voix contre 49,6% pour M. Josipovic. Dans ce petit pays confronté depuis six ans à une grave crise économique, à l'issue du premier tour il y a deux semaines, M. Josipovic, 57 ans, juriste de formation et compositeur de musique classique, qui briguait un second mandat de cinq ans, devançait de justesse l'ancienne chef de la diplomatie (2005-2008). Le résultat du premier tour avait porté un coup à M. Josipovic, candidat de la coalition de gauche au pouvoir (SDP), que les sondages donnaient initialement largement favori.
Dans cette ancienne république yougoslave, indépendante depuis 1991 et devenue en 2013 le 28ème pays de l'UE, le taux de participation au scrutin a été de 58,9%, supérieur de 12 points à celui du premier tour. Les électeurs de ce pays de 4,2 millions d'habitants ont sanctionné le manque de fermeté de M. Josipovic face à l'incapacité de son gouvernement à redresser l'économie.
La Croatie est en récession quasiment permanente depuis 2008 et la dette publique y représente près de 80% du PIB. Celui-ci devrait de nouveau reculer en 2014, d'environ 0,5%. Le taux de chômage frôle les 20% et un jeune sur deux est sans emploi.
Les conservateurs de la Communauté démocratique croate (HDZ) entendent profiter de cette situation et se replacer sur la scène politique en vue des élections législatives prévues vers la fin 2015. Le HDZ avait perdu les précédentes législatives de 2011, affaibli par des scandales de corruption au sommet de l'État et par la situation économique.
La fonction de chef de l'État est largement protocolaire en Croatie: il ne peut s'opposer aux lois votées par le Parlement, mais possède un droit de parole sur les questions de politique étrangère et de défense.
Kolinda Grabar Kitarovic sera « une excellente présidente. Elle a une vision convaincante pour l'avenir du pays et a prévu un programme qui répond aux préoccupations concrètes du peuple croate. Elle a des réponses au défi visant à parvenir à une meilleure situation économique et sociale et, surtout, elle est fermement engagée à renforcer l'État de droit et à relever les défis tels que la corruption (…) Elle a aussi l'expérience et le leadership nécessaires pour unir les citoyens croates », a commenté Joseph Daul, président du parti populaire européen (PPE). (LC)