Bruxelles, 12/01/2015 (Agence Europe) - « Nous ajusterons notre propre stratégie avec cohérence » en fonction des résultats du scrutin grec, a affirmé Pierre Moscovici, commissaire aux Affaires économiques et monétaires, lundi 12 janvier, lors d'une rencontre avec quelques journalistes. Mais en cas de victoire, Syriza, le parti mené par Alexis Tsipras et hostile à l'austérité, ne pourra pas se dérober aux engagements pris par l'actuel gouvernement. Quelque soit le dirigeant grec « de demain », la Commission travaillera avec Athènes « sur base des engagements pris hier », a dit M. Moscovici, insistant sur la nécessité que le peuple grec élise ses dirigeants sans conseils, prescriptions ni pressions de qui que ce soit. Et de réitérer que la Commission voulait entamer une autre phase avec la Grèce, c'est-à-dire un achèvement du programme, accompagné d'une surveillance plus faible.
Dans les sondages d'opinion, l'écart entre Syriza et la Nouvelle Démocratie d'Antonis Samaras, actuellement au pouvoir, reste faible (environ 3%), ce qui laisse penser que, pour gouverner, Alexis Tsipras serait obligé de former une coalition qui l'obligerait à composer, alors que le parti a déjà modéré sa rhétorique ces dernières années. Une victoire nette de Syriza changerait bien sûr la donne.
La Commission semble en outre consciente que le cadre de réduction du fardeau de la dette promis par l'Eurogroupe, sous conditions, en 2012, ne semblerait pas convenir à M. Tsipras, qui plaide pour des coupes sèches dans la dette publique grecque. Une ligne rouge, pour l'Eurogroupe, qui se réunira par ailleurs au lendemain des élections.
Quant à une sortie du pays de la zone euro, M. Tsipras a expliqué pendant le weekend à l'hebdomadaire grec Realnews que M. Samaras était le seul à agiter ce spectre. (EL)