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Bulletin Quotidien Europe N° 11228
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Signification du problème grec

Phase préparatoire. Le problème de la Grèce est un exemple des difficultés pour les pays de l'UE de vivre ensemble si les règles communes ne sont pas respectées. Mais on n'est pas encore au moment des décisions, on est dans la phase préparatoire. La question de savoir si un pays de la zone euro peut en sortir et à quelles conditions reste ouverte et est d'ailleurs controversée ; les uns affirment que l'appartenance à l'euro est irrévocable, d'autres que la sortie est automatique pour ceux qui n'en respectent pas les règles et les derniers sont convaincus que le pays en cause doit carrément quitter l'UE (EUROPE 11223). Mais le grand débat juridique et institutionnel n'est pas encore mûr ; le dialogue actuel est plus limité, il concerne les élections en Grèce du 25 janvier: la plupart des États membres souhaitent qu'elles soient gagnées par les partis politiques traditionnels et non par l'extrême gauche, représentée par le parti Syriza d'Alexis Tsipras.

Syriza rejette à priori la politique d'austérité. Les derniers sondages lui attribuent 29,5% des intentions de vote, précédant de peu le parti Nouvelle Démocratie du Premier ministre, Antonis Samaras.

Soucis compréhensibles. Alexis Tsipras a annoncé son intention - s'il gagne les élections et est en mesure de former un gouvernement - de rejeter la politique d'austérité résultant des engagements souscrits par son pays à l'égard de l'UE. Or, l'UE n'est pas en mesure, pour des raisons à la fois politiques et économiques, de faire face à une telle situation. Si la Grèce ne respectait pas, une fois de plus, ses engagements, les répercussions seraient très lourdes, notamment pour les pays de la zone euro qui sont en train d'émerger lentement de situations qui étaient analogues à celle de la Grèce.

Difficultés réciproques. La situation est dramatique en Grèce, mais elle peut l'être aussi pour ses bailleurs de fonds. Du côté grec, Syriza souligne que plus d'un quart de la population ne bénéficie plus de couverture sociale, que les hôpitaux publics sont débordés et exsangues et qu'on assiste au retour de la tuberculose et du paludisme.

De l'autre côté, plusieurs pays dont les comptes publics sont négatifs ont dû augmenter leur dette pour prêter à la Grèce. Certes, les bénéficiaires de ces opérations sont parfois les banques qui les effectuent (même si, dans le passé, elles ont été parfois obligées de renoncer à une partie de leurs crédits), mais les budgets nationaux en souffrent de toute manière.

Pour rappel, voici, en milliards d'euros arrondis, le coût de l'aide à la Grèce pour chacun des principaux États de la zone euro: Allemagne 56 ; France 42 ; Italie 37 ; Espagne 24. Il faut ajouter que le FMI a « suspendu ses versements (à Athènes) pour y voir plus clair », ce qui est compréhensible.

Optimisme à des conditions lourdes ? Malgré tout, certains observateurs sont plus optimistes. À leur avis, le redressement économique de la Grèce est en cours et les efforts fournis commencent à donner des résultats. Mais la liste des améliorations encore nécessaires est longue: fin de la corruption au sein de l'État ; nouvelles réformes ; impôts prélevés sérieusement par le fisc ; administration plus efficace ; renégociations avec les créanciers étrangers ; soutien aux classes sociales moins favorisées. Ce ne sont évidemment pas des objectifs qui peuvent être atteints en quelques jours, mais c'est seulement à ces conditions que la Grèce pourra conserver la monnaie unique. Malheureusement, l'impression qu'Athènes ne réussira jamais à remplir les conditions pour rester dans la zone euro est de plus en plus diffuse, même si on ne connaît pas les modalités d'une éventuelle sortie. Même Mme Merkel continue d'affirmer que la présence de la Grèce dans l'euro n'est pas en discussion, mais, comme d'autres dirigeants, elle espère que Syriza ne gagne pas les prochaines élections. Ce qui, en tout cas, ne résoudrait pas les problèmes de fond. (FR)

 

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