Bruxelles, 07/01/2015 (Agence Europe) - De nombreux responsables européens ont condamné avec fermeté l'attentat commis mercredi 7 janvier en fin de matinée à Paris dans les locaux du journal Charlie Hebdo, une attaque sans précédent par son ampleur en France qui a fait 12 morts, 4 à 5 blessés graves et 7 blessés légers, selon un bilan provisoire.
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est dit « profondément choqué par l'attaque brutale et inhumaine qui a frappé les locaux de Charlie Hebdo. C'est un acte intolérable, une barbarie qui nous interpelle tous en tant qu'êtres humains et Européens », a commenté le Luxembourgeois, adressant ses « pensées aux victimes et à leurs familles » et adressant « à mon nom personnel et au nom de la Commission européenne, notre plus grande solidarité avec la France ». Le président du Conseil européen, Donald Tusk, s'est aussi dit « choqué par l'attentat révoltant qui a eu lieu ce matin à Paris contre Charlie Hebdo. L'Union européenne se tient aux côtés de la France après cet acte effroyable. C'est une attaque brutale contre nos valeurs fondamentales, contre la liberté d'expression, pilier de notre démocratie. La lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes doit se poursuivre sans relâche », a-t-il commenté dans un communiqué.
La chancelière allemande, Angela Merkel, le Premier ministre britannique, David Cameron, et le président du Conseil italien, Matteo Renzi, ont eux aussi vivement condamné cet attentat. « Cet acte horrible est non seulement une agression contre la vie des citoyennes et citoyens français », mais « aussi une attaque que rien ne peut justifier contre la liberté de la presse et d'opinion, un fondement de notre culture libre et démocratique », a affirmé la chancelière allemande Angela Merkel. « Peur et horreur après le massacre qui a eu lieu à Paris. Soutien total à François Hollande en ces moments tragiques. La violence perdra toujours contre la liberté », a commenté Matteo Renzi. Le Premier ministre britannique a assuré que son pays se tenait « aux côtés de la France dans la lutte contre la terreur et la défense de la liberté de la presse ».
Sur les lieux de la fusillade, le président de la République française a, lui, affirmé qu'« aucun acte barbare ne saura jamais éteindre la liberté de la presse. Nous sommes un pays uni qui saura réagir et faire bloc ».
De nombreux autres responsables européens ont exprimé leur effroi comme le président du Parlement européen, Martin Schulz, qui s'est dit « profondément choqué » par cette attaque ou les commissaires européens comme Cecila Malmström qui a condamné une « attaque inacceptable à la liberté d'expression ». Les ONG ont également exprimé leur horreur à l'image d'Amnesty International décrivant « un jour noir pour la liberté de la presse ».
Le groupe PPE au PE a estimé notamment que « nulle religion et nulle idéologie politique ne peut être instrumentalisée pour justifier des meurtres ». « L'Europe doit se montrer unie dans la lutte contre le terrorisme », a ajouté ce groupe. « En s'attaquant à des journalistes, c'est la liberté d'expression et la démocratie qui sont visées. Rien ne peut justifier une telle barbarie », a déclaré le groupe S&D. « La liberté de la presse comme la liberté de pensée sont en Europe des droits indéfectibles et inaliénables », a commenté le groupe GUE/NGL. Cet acte porte atteinte aux valeurs fondamentales de la démocratie, selon le groupe Verts/ALE. Il faut défendre la liberté de la presse, a notamment dit le groupe ADLE.
Selon les premiers éléments de l'enquête, trois hommes ont fait irruption dans les locaux de l'hebdomadaire et étaient toujours en fuite mercredi après-midi. Le journal connu pour certaines 'provocations' envers le monde musulman, notamment depuis l'affaire des caricatures de Mahomet, recevait régulièrement des menaces. Mercredi matin, quatre grandes figures du dessin français ont été tuées lors de l'attaque, en l'occurrence Cabu, Charb, Wolinski et Tignous.
Demande de réunion du Conseil européen
L'eurodéputé Alain Lamassoure, au nom de la délégation française du groupe PPE, a demandé mercredi que « la nouvelle dimension du terrorisme qui concerne à l'évidence tous les pays européens donne lieu à un débat d'urgence devant le Parlement européen la semaine prochaine à Strasbourg ». En outre, il souhaite qu'en parallèle une réunion extraordinaire du Conseil européen y soit consacrée et invite à ce qu'une minute de silence soit observée dans toute l'Europe à l'heure de l'inhumation des victimes.
« Il s'agit d'un acte d'une gravité extrême qui vise en plein coeur la liberté de pensée et d'expression qui sont des valeurs fondamentales de notre société européenne », a ainsi réagi le président du Comité des régions, Michel Lebrun. (SP avec LC)