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Bulletin Quotidien Europe N° 11218
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Pas de dialogue sans dimension territoriale, souligne l'ARLEM

Antalya, 15/12/2015 (Agence Europe) - La 6ème session plénière annuelle de l'Assemblée euro-méditerranéenne des autorités locales et régionales (ARLEM) a ouvert ses travaux par l'affirmation selon laquelle le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée passe aussi à travers sa « dimension territoriale », dimanche 14 décembre à Antalya (Turquie).

Il sera requis, en clair, d'assurer une forte décentralisation et d'oeuvrer pour la « cohésion territoriale ». Celle-ci suppose, selon un rapport général soumis au terme d'une année d'exercice de l'Assemblée, d'« avancer vers un meilleur équilibre entre les différentes régions d'un pays donné, pour garantir que les perspectives d'existence qui s'offrent aux personnes ne soient pas prédéterminées par leur lieu de résidence », d'où un effet escompté sur les flux migratoires.

Il faudrait ainsi, selon l'ARLEM, « reconnaître la dimension territoriale du développement » et la relier aussi à la lutte pour un environnement sain, notamment, à titre d'exemple, la gestion des déchets qui est un souci commun pour toutes les collectivités. Un rapport à ce sujet est soumis à la session.

L'ARLEM aura aussi à examiner un rapport sur l'émigration. Michel Lebrun (Belgique), président du Comité des régions européens et co-président de l'organisation, a souligné à cet égard la nécessité de tenir compte de ce défi non seulement sous l'angle de la responsabilité des États, mais aussi de celle aussi des collectivités régionales et autorités municipales chargées d'organiser l'accueil des arrivants. Il serait dangereux et incomplet d'organiser une politique migratoire sans impliquer ces autorités locales, lesquelles doivent être dotées des « moyens et du savoir-faire nécessaires pour donner des réponses efficaces », a affirmé M. Lebrun.

Le défi est cependant global, a-t-il rappelé: « L'instabilité politique dans la région méditerranéenne crée un climat permanent de violence suscitant des flux migratoires incontrôlés qui alimentent une véritable industrie criminelle de l'immigration utilisée par le crime organisé en Europe. Si on comptait une minute de silence pour chacun des quelques 3 500 immigrés morts dans la Méditerranée en 2014, on devrait rester en silence pour 3 jours ». Face à ces « enjeux politiques, sécuritaires, mais aussi humanitaires », les États de la Méditerranée doivent « réaffirmer leur confiance inébranlable dans la coopération euro-méditerranéenne qui reste actuellement le seul instrument politique et opérationnel de nature multilatérale susceptible dans cette période troublée de construire de réelles perspectives socio-économiques durables pour la région ». La dimension territoriale serait la voie la plus indiquée pour initier cet effort collectif.

L'Assemblée entend ainsi peser de tout son poids pour promouvoir la « territorialisation des politiques, des programmes et des projets » mis en oeuvre avec le soutien de l'UE, notamment dans le cadre de la 'politique de voisinage' et, en particulier, l'instrument IEV spécifique doté de plus de 15 milliards d'euros pour la période 2014-2020. La méthode serait la « différenciation » et la recommandation est de consacrer une part des dotations de la PEV accordées à titre bilatéral, sur une « base volontaire », à la mise en oeuvre de « macro-régions » comme celle créé dans la zone Baltique.

L'ARLEM propose d'amorcer une stratégie similaire et créer trois macro-régions, dans la partie adriatico-ionienne, en Méditerranée orientale (malgré la difficulté d'y associer Israël) et en Méditerranée occidentale, groupant, chacune, des régions des deux rives. L'approche serait à introduire « progressivement » à travers un « agenda territorial 2020 ». Pour l'y aider, l'ARLEM a élaboré et mis en ligne en juin dernier sur le site Internet du Comité des régions une carte de l'état de la décentralisation et de la régionalisation qui donne des indications sur les législations en vigueur et le cadre d'action des autorités locales dans chacun de ces pays. L'idée serait de créer « un observatoire de la territorialité » pour analyser les données de cette carte et d'en sortir un état comparatif du degré de décentralisation atteint par chaque pays de la région.

L'assemblée devrait jusqu'à la clôture de sa session débattre de ces thèmes. Elle devrait aussi renouveler ses coprésidences. Le maire palestinien de Beit Sahour, Hani Abdelmasih Al Hayek, devrait remplacer le maire de Gizeh (Égypte). Le choix d'un Palestinien, alors que les autorités locales dans cette zone sont en butte à une colonisation rampante israélienne a, à l'évidence, un caractère politique, mais sans le nier, le président Lebrun renvoie le sujet aux bons soins de la diplomatie européenne. (FB)

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