Bruxelles, 15/12/2014 (Agence Europe) - La Haute Représentante, Federica Mogherini, et le commissaire à la Politique de voisinage et aux Négociations d'élargissement, Johannes Hahn, ont dénoncé, dimanche 14 décembre, les descentes de police et les arrestations de plusieurs journalistes et représentants des médias en Turquie le jour même. Ces opérations sonnent comme un camouflet pour les représentants de l'UE qui étaient les 8 et 9 décembre derniers dans le pays.
Selon Mme Mogherini et M. Hahn, ces actions sont « incompatibles avec la liberté des médias, qui est un principe fondamental de la démocratie ». « Cette opération va à l'encontre des valeurs et normes de l'UE dont la Turquie aspire à faire partie et qui sont au cœur des relations renforcées », ont-ils prévenu. « Nous nous attendons à ce que le principe de la présomption d'innocence prévale et nous rappelons le droit inaliénable à une enquête indépendante et transparente en cas de faute présumée, dans le plein respect des droits des accusés », ont expliqué Mme Mogherini et M. Hahn.
La Haute Représentante et le commissaire ont souligné que « toute nouvelle étape vers l'adhésion d'un pays candidat dépendait du plein respect de la primauté du droit et des droits fondamentaux ». M. Hahn avait souligné, le 8 décembre, qu'il était assez optimiste sur la possibilité d'ouvrir un nouveau chapitre de négociation d'ici fin juin 2015 (EUROPE 11214). « Nous attendons à ce que l'engagement ferme donné par nos homologues turcs envers l'UE lors de notre visite se traduise en actes », ont expliqué Mme Mogherini et M. Hahn. Ils ont prévenu qu'ils transmettraient leurs préoccupations au Conseil, qui discutera ce mardi de la politique d'élargissement, y compris la Turquie.
Michel Lebrun, président du Comité des régions de l'UE et coprésident de l'Assemblée des régions et autorités locales euro-méditerranéennes (ARLEM), a exprimé sa « préoccupation » suite aux arrestations. « La démocratie se fortifie grâce à la liberté de presse », a-t-il répondu aux médias turcs qui l'interrogeaient en marge de la session de l'ARLEM à Antalya, lundi 15 décembre (voir autre nouvelle).
Réaction aussi du Conseil de l'Europe, par le biais du porte-parole du secrétaire général, Thorbjorn Jagland, qui a expliqué être « toujours inquiet lorsque la liberté des médias est en danger et que les journalistes sont entravés dans leur travail ». M. Jagland se rendra en Turquie les 6 et 7 janvier et discutera de ces événements avec les autorités.
La police turque a arrêté, le 14 décembre, une vingtaine de personnes, dans 13 villes du pays, dont le rédacteur en chef de l'un des principaux quotidiens du pays, Zaman, Ekrem Dumanli, et deux anciens chefs de la police. Ces personnes seraient proches du rival du président Erdogan, Fethullah Gülen. Au total, des mandats d'arrêt ont été délivrés contre 32 personnes, accusées entre autres de « former un gang pour tenter d'attenter à la souveraineté de l'État », selon l'agence Anatolie. (CG/FB)