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Bulletin Quotidien Europe N° 11184
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) budget

D. Cameron ne veut pas payer 2,1 milliards de plus au budget 2014

Bruxelles, 24/10/2014 (Agence Europe) - Une querelle budgétaire s'est invitée, vendredi 24 octobre, au Conseil européen, le Premier ministre britannique, David Cameron, refusant de payer, avant le 1er décembre 2014, 2,1 milliards d'euros de plus au budget 2014 de l'UE. Le sujet sera évoqué notamment lors du Conseil Écofin (Budget) du 14 novembre, comme souhaité par le Royaume-Uni.

David Cameron a exprimé sa profonde « frustration » et une « vraie colère ». Il a fustigé cette facture « complètement injustifiée » de 2,1 milliards à payer d'ici au 1er décembre. « C'est une façon de travailler complètement inacceptable et une façon complètement inacceptable de traiter l'un des pays premiers contributeurs au budget », a-t-il lancé. Il a expliqué avoir interrompu la réunion du Conseil européen, en avoir parlé avec les dirigeants italien, grec et néerlandais et avoir demandé qu'une réunion d'urgence se tienne sur le sujet. « On veut savoir comment arrivent ces chiffres ; des ajustements, il y en a chaque année, parfois à la hausse, parfois à la baisse. Je ne suis pas contre les ajustements, mais une facture de 2 milliards d'euros, ça n'est jamais arrivé. Et je ne vais pas la payer », a souligné M. Cameron. Une telle demande de la Commission « n'aide pas sur la question de l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'UE », a affirmé M. Cameron, qui est sous la pression des europhobes et a promis un référendum sur l'appartenance de son pays à l'UE en 2017.

Le nouveau calcul des contributions nationales figure dans le projet de budget rectificatif n° 6/2014 adopté le 17 octobre dernier. Ce texte prend en compte: - la révision chaque année des chiffres des ressources propres 2010 à 2013 en tenant compte de l'évolution de l'économie et en incluant de nouvelles activités comme le trafic de drogue et la prostitution ; - les réserves de la Commission après des contrôles des pays sur la période 2002-2009 ; - l'amélioration des données statistiques (ESA 2010) en ce qui concerne le Royaume-Uni. L'effet net de ce projet de budget rectificatif sur la contribution RNB (revenu national brut) se solde par une facture lourde à payer pour le Royaume-Uni (2,12 milliards d'euros), les Pays-Bas (642,7 millions d'euros), l'Italie (340,1 millions), la Grèce (89,4 millions) et Chypre (42,4 millions). Dans le même temps, ce projet fait les affaires de la France (1,016 milliard de moins à payer), de l'Allemagne (-779 millions), du Danemark (-321,4 millions) ou encore de la Pologne (-316,7 millions). Le ministre néerlandais des Finances et patron de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, a qualifié cette nouvelle de « désagréable surprise ».

Angela Merkel, la chancelière allemande, a dit en substance que les pays ont été surpris par l'ampleur des chiffres budgétaires actualisés. Elle a admis, à propos de M. Cameron, que ce n'était pas facile de trouver 2 milliards euros au moment où l'on ficèle son projet de budget. (LC avec SP et MD)

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