Bruxelles, 10/10/2014 (Agence Europe) - Même s'il est jugé « hautement improbable », le risque d'une épidémie d'Ebola sur le territoire européen a incité l'UE à adopter une série de mesures de précaution pour barrer l'accès au virus. Chaque État membre de l'UE est responsable de leur mise en oeuvre.
En application des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les compagnies aériennes européennes qui continuent de desservir l'Afrique de l'Ouest soumettent leurs voyageurs, au départ, à une prise de température (EUROPE 11173). En principe, un passager fiévreux ne peut pas embarquer avant que son état de santé soit vérifié. Toutefois, selon des experts, ce contrôle n'est pas infaillible, une simple prise de paracétamol permettant de le déjouer. En cas de symptômes en vol, le voyageur est isolé et pris en charge à l'arrivée par une équipe médicale. Le Royaume-Uni a annoncé, jeudi 9 octobre, qu'il allait compléter ce dispositif en introduisant un dépistage dans ses principaux aéroports et gares, sur le modèle des mesures annoncées la veille par les États-Unis et le Canada. Au niveau européen, l'UE discutera, le 17 octobre, de l'opportunité d'un tel renforcement des contrôles, qui n'est pour le moment pas préconisé par l'OMS. Les voyages dans les zones à risques, en particulier en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, sont par ailleurs déconseillés.
Information. Des brochures sont fournies aux voyageurs revenant de zones à risques les invitant à contrôler leur température pendant 21 jours, la durée supposée de l'incubation du virus, et de contacter un médecin en cas de fièvre supérieure ou égale à 38°. Les personnels de santé sont, eux, invités à retracer les antécédents des patients qui se présenteraient avec des symptômes d'Ebola (fièvre, maux de têtes, vomissements) et à les envoyer en cas de doute vers des hôpitaux de référence désignés par chaque pays. Ces établissements sont censés disposer de chambres à pression négative permettant l'isolement, de matériel de protection (combinaisons, gants et masques) et de personnel formé. En cas de contamination avérée, un suivi de l'entourage du patient est également prévu. L'UE s'est engagée mercredi à renforcer cette information, alors qu'en Belgique, par exemple, des généralistes se sont plaints de ne pas avoir reçu de consignes.
Rapatriements. Alors que les pays africains touchés manquent de personnel de soins, la Commission européenne, soutenue notamment par la France, veut garantir que les soignants européens dépêchés sur place puissent, en cas de besoin, bénéficier de rapatriements sanitaires sécurisés. Depuis le début de l'épidémie, seules huit évacuations de ce type ont été menées vers l'UE, par des avions militaires ou une compagnie privée américaine.
L'aide-soignante qui a contracté le virus en Espagne, devenant le premier cas de contamination sur le territoire européen, avait pris en charge deux missionnaires ainsi évacués pour être soignés à Madrid, où ils sont décédés. L'UE travaille à recenser les moyens aériens disponibles dans l'espoir de pouvoir instaurer une sorte de 'tour de garde' entre la demi-douzaine de pays disposés à les fournir (Espagne, France, Italie, Luxembourg, Belgique, Danemark et, hors UE, Norvège). (LC)