Bruxelles, 10/10/2014 (Agence Europe) - Il ne faut ni modifier l'objectif de réduction de la pauvreté et de l'exclusion sociale que s'est fixé l'UE pour l'année 2020, ni s'attendre à ce qu'une éventuelle reprise économique suffise pour l'atteindre, a affirmé le commissaire chargé de l'Emploi, des Affaires sociales et de l'Inclusion, Laszlo Andor, en clôturant la conférence de haut niveau « The EUROPE 2020 poverty target: lessons learnt and the way forward », organisée jeudi 9 octobre à Bruxelles.
Selon M. Andor, « si la pauvreté baisse dans le monde, il n'y a aucune raison pour qu'elle augmente dans l'UE ». Le seul bémol, c'est que la logique qui sous-tend cette assertion bute sur la réalité: le nombre de pauvres en Europe ne cesse de croître, rendant irréalisable l'objectif de la stratégie EUROPE 2020 de réduire dans l'ensemble de l'UE de 20 millions le nombre de personnes touchées ou menacées par la pauvreté et l'exclusion sociale. 124 millions d'Européens sont aujourd'hui concernés, soit 7,8 millions de plus qu'il y a quatre ans. Le constat d'échec est sans appel.
Oui, la crise économique en est en grande partie responsable et, oui, il faut que l'UE renoue avec la croissance économique. Mais le commissaire Andor a tenu à prévenir: créer plus d'emplois ne suffira pas. Il faut en même temps s'attaquer au problème de l'inégalité des revenus et réformer nos systèmes de protection sociale, lesquels peinent à trouver un équilibre de viabilité financière tout en étant affaiblis par l'assainissement des budgets publics. Face à ces difficultés, faudrait-il modifier l'objectif européen ? Non, a-t-il répondu. La lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale doit non seulement rester un pilier de la stratégie européenne, mais les États membres devraient revoir à la hausse le niveau de leur ambition, a-t-il suggéré.
En ce qui concerne les efforts au niveau de l'UE, M. Andor a proposé que les ministres européens des Finances s'approprient aussi cet objectif. D'autres participants à la conférence ont noté que le suivi de l'évolution sociale au niveau de l'UE ne comprend toujours pas d'analyse comparative de la performance des politiques sociales, ni de mécanismes d'alerte préventive, a relaté la Commission européenne, dans un communiqué. Les ministres du Luxembourg, de la Pologne et de Malte ont appelé, quant à eux, à un meilleur équilibre entre les politiques macro-économiques, fiscales, de l'emploi et les objectifs sociaux de l'UE. (JK)