Bruxelles, 10/10/2014 (Agence Europe) - Tout en rappelant que l'objectif n°1 de la politique étrangère de la Serbie est l'adhésion à l'UE, le ministre des Affaires étrangères, Ivica Dacic, a souligné qu'il n'était « pas fan » de l'UE, mais qu'être membre de celle-ci permet de recevoir des fonds. « Je ne suis pas un fan de l'UE mais je ne vois pas de meilleure organisation qui existe », a-t-il expliqué, vendredi 10 octobre, lors d'une conférence organisée par l'European Policy center. « Pour être franc et honnête, nous voulons devenir membre car cela signifie avoir de l'argent », a-t-il ajouté. Expliquant que certains dirigeants des États membres se demandaient pourquoi la Serbie voulait rentrer dans l'UE alors que 'Bruxelles ne les assistait d'aucune manière', il a expliqué attendre d'être membre pour juger. « Si cela ne nous plaît pas, nous déciderons de sortir de l'UE » a-t-il ajouté. Il a précisé qu'il n'y avait pas un seul parti contre l'adhésion à l'UE de la Serbie au Parlement serbe.
Pour M. Dacic, la perspective d'adhésion à l'UE est le « facteur clé » qui a contribué au succès du dialogue entre Belgrade et Pristina. Il a précisé que, grâce à la perspective européenne, des questions non résolues dans la région ont pu l'être. « La perspective européenne peut faire faire des progrès dans la coopération », a-t-il ajouté.
M. Dacic a souhaité que le chapitre 32 des négociations d'adhésion sur le contrôle financier soit ouvert sous présidence italienne, soit avant fin décembre. « C'est important pour la réforme du système économique et la stabilité macro-financière », a-t-il expliqué. Mais, selon lui, l'ouverture de ce chapitre était liée à d'autres chapitres, l'Allemagne souhaitant que les chapitres 23 (appareil judiciaire et droits fondamentaux), 24 (liberté, sécurité, justice) et 35 (lié aux questions avec le Kosovo), soient ouverts avant.
En attendant, le ministre était à Bruxelles pour une réunion sur le screening du chapitre 31 des négociations sur la politique étrangère, de sécurité et de défense. La Serbie a été critiquée pour ne pas s'être alignée sur l'UE en ce qui concerne les sanctions envers la Russie. Interrogé sur les relations entre son pays et la Russie, M. Dacic s'est énervé. Il a précisé que son pays avait des relations bien plus faibles avec la Russie que n'importe quel État membre de l'UE. Le ministre a rappelé que la Serbie s'alignait en général avec l'UE, et qu'elle était consciente de ses obligations. « Nous soutenons l'intégrité territoriale de l'Ukraine », a-t-il expliqué, précisant que Belgrade ne pouvait se joindre aux sanctions européennes pour des raisons économiques, car la Serbie a des entreprises et fait du commerce avec la Russie. Il a mis en avant la primauté des intérêts nationaux. Face au défi de la crise ukrainienne, M. Dacic a expliqué que la Serbie assumerait sa présidence de l'OSCE en 2015 de manière objective. (CG)