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Bulletin Quotidien Europe N° 11167
AUDITIONS DES COMMISSAIRES-CANDIDATS / (ae) cohÉsion

Bien préparée, Corina Cretu laisse pourtant une impression mitigée

Bruxelles, 01/10/2014 (Agence Europe) - Les députés européens ont relativement épargné la commissaire-candidate Corina Cretu, nouvelle venue dans le domaine de la politique régionale, lors de son grand oral, mercredi 1er octobre. La candidate roumaine, ancienne députée européenne, a, en principe, passé le test, mais devra néanmoins se montrer plus coriace à l'avenir pour défendre les intérêts de son portefeuille. Si la candidate sociale-démocrate roumaine a brillé par son apprentissage-éclair des dossiers, elle n'a fourni aucune réponse novatrice aux questions, certes très policées, des eurodéputés.

Les coordinateurs de la commission parlementaire pour le développement régional (REGI) n'auraient pas opposé de veto à la candidate au poste de commissaire européenne au Développement régional suite à son audition. Toutefois, les groupes auraient relevé des zones grises dans ses compétences et apprécieraient que Mme Cretu formule une solution concrète au problème des paiements, qu'elle travaille en étroite collaboration avec le Parlement européen et qu'elle « se batte pour la politique de cohésion plutôt qu'elle ne l'apprenne », explique une source européenne.

Au fil d'une performance lisse et bien étudiée, la commissaire-candidate a en effet laissé un goût amer, surtout dans les rangs du PPE. Interrogée à propos de l'écart toujours plus grand entre les engagements et les paiements (23 milliards d'euros fin d'année passée), Mme Cretu a manifesté sa volonté de « ralentir cet effet boule de neige des factures impayées», mais s'est contentée de promettre d'en « parler personnellement au collège des commissaires ». Une réponse qui a satisfait les socialistes, mais moins les chrétiens-démocrates. Lambert Van Nistelrooij (néerlandais), coordinateur PPE, a en effet regretté qu'elle n'ait pas présenté d'idées claires sur la façon de résoudre le problème. De manière générale, il estime que Mme Cretu « devrait être un peu plus dure. Sur ce genre de sujet, nous avons besoin d'une guerrière. Mais nous voulons lui donner une chance », a-t-il commenté à EUROPE.

Macro-conditionnalité. En effet, la commissaire-candidate a surtout très bien récité les positions connues de la Commission européenne en matière de développement régional. Mme Cretu a l'intention d'opposer une « tolérance zéro » à la fraude dans la gestion des fonds structurels et d'investissements. Elle a aussi bien défendu la conditionnalité macro-économique, qui prévoit la suspension des fonds pour un État membre en cas d'entorse au Pacte de stabilité et de croissance. Elle l'a jugée « nécessaire », tout en tempérant, comme son prédécesseur, qu'elle serait appliquée uniquement en dernier recours. Mme Cretu a en outre précisé que la Commission ne jouerait pas le « rôle de gendarme », affirmant encore partager l'avis des eurodéputés que « les populations ne doivent pas être punies pour l'inaction des États membres ».

Flexibilité budgétaire. Regrettant le faible taux d'absorption des fonds européens en Europe (et la Roumanie se trouve en bas de classement), elle a dit refuser toutefois d'ignorer la qualité des projets uniquement pour dépenser au plus vite: « il ne faut pas absorber pour absorber », a-t-elle mis en garde. Elle s'est aussi montrée sensible à l'incohérence pour les États membres entre les exigences du Pacte de stabilité et de croissance, et la nécessité de cofinancer les fonds structurels. Toutefois, Mme Cretu s'est contentée de rappeler la marge de manœuvre budgétaire prévue et a fait valoir qu'il appartenait au Conseil de trancher sur l'exclusion des cofinancements du calcul de déficit budgétaire.

Partenariat. Sans surprise, Mme Cretu a bien fait part de son attachement au principe de partenariat inscrit dans la réforme de la politique de cohésion. Un principe qui ne pas doit pas avoir de valeur « uniquement sur papier », a-t-elle insisté, mais qui doit « assurer que les bénéficiaires participent aux décisions ». Interrogée sur le critère de PIB pour le calcul de la répartition des fonds structurels, elle a encore fait aveu d'impuissance, en affirmant que si d'autres critères devaient à l'avenir être pris en compte, ni la Commission ni le Parlement européen ne pourraient en décider seuls. (MD)

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