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Bulletin Quotidien Europe N° 11167
AUDITIONS DES COMMISSAIRES-CANDIDATS / (ae) transports

Maros Sefcovic passe haut la main l'épreuve du grand oral

Bruxelles, 01/10/2014 (Agence Europe) - Le commissaire-candidat aux Transports et à l'Espace a fait jouer sa fibre sociale lors de son audition au Parlement européen, mardi 30 septembre, mais le Slovaque Maros Sefcovic a eu des difficultés à convaincre lorsqu'il a été question de la libéralisation du cabotage. De manière générale, il a très peu quitté les sentiers battus par son prédécesseur, Siim Kallas. Sa prestation fut cependant très bien préparée, ce qui lui permet d'avoir sa place au sein de l'équipe Juncker.

L'actuel commissaire aux Relations institutionnelles et à l'Administration voit sa reconversion assurée dans le portefeuille des Transports. Le lendemain de son grand oral, les coordinateurs de la commission parlementaire des transports ont donné leur aval, mercredi 1er octobre (sous réserve de l'approbation finale de l'ensemble du collège par la conférence des présidents). Bien que M. Sefcovic n'ait pas répondu à toutes les questions (social et méga-camion), les députés ont décidé de lui accorder leur confiance, l'ayant jugé « bien préparé », a indiqué une source européenne. Un parlementaire haut placé a même ironisé sur le fait que M. Sefcovic en avait appris plus sur le transport en deux semaines que son prédécesseur Siim Kallas en cinq ans...

Le retour du social. Le candidat social-démocrate a semblé, lors de son audition, avoir la ferme intention de réintroduire une dimension sociale dans l'agenda transport, un aspect qu'a pourtant omis M. Juncker dans sa lettre de mission. M. Sefcovic a reconnu que « dans le secteur du transport, le dumping social est un problème auquel nous devons faire face », après avoir été souvent interrogé à ce sujet par les eurodéputés de la commission parlementaire. Lors de son grand oral, M. Sefcovic a plusieurs fois manifesté son intention de raviver le dialogue social « pour construire la confiance » et de garder à l'esprit l'emploi dans toute proposition législative ou analyse d'impact. C'est avant tout le dumping social dans le secteur routier qui inquiète les députés. Le commissaire-candidat compte y répondre par une simplification et une clarification du corpus législatif, qui serait alors mieux appliqué. « Il faut que les chauffeurs respectent les règles tout comme les patrons », a-t-il souligné. Il a évoqué la possibilité d'établir un « code social » pour les travailleurs de ce secteur: « Nous pourrions créer un ensemble de règles simples et faciles à mettre en œuvre ».

Cabotage. M. Sefcovic était très attendu sur la question de la libéralisation du cabotage, évoquée sous la Commission sortante. Après avoir éludé plusieurs questions de députés européens, M. Sefcovic s'est résolu, en fin d'audition, à faire part de ses regrets sur le fait qu'un camion sur quatre voyage à vide sur les routes européennes et que le cabotage est, selon lui, injustement lié au dumping social. Il a conclu en annonçant du bout des lèvres qu'il examinerait la situation et proposerait une réglementation « simple et équilibrée ».

Réforme du rail. M. Sefcovic a également dû se positionner sur la réforme du rail lancée par M. Kallas avec le quatrième paquet ferroviaire. En matière de gouvernance ferroviaire, il a fait savoir que plusieurs modèles pouvaient coexister, qu'il s'agisse de holding ou non, mais qu'il serait intransigeant sur la transparence financière. Il s'est également dit en faveur d'une période de transition « pas trop longue » pour la réforme du rail et l'ouverture du marché du transport des passagers. Certains députés l'ont pressé de dissocier le volet technique (bouclé) du volet politique, afin que les règlements techniques puissent être mis en application au plus vite. Mais M. Sefcovic souhaite bien que le quatrième paquet ferroviaire « soit traité comme un paquet ». De ce fait M. Sefcovic reste donc dans le droit fil de M. Kallas. De manière générale, le commissaire-candidat a manifesté sa ferme intention de ne pas présenter de 5ème paquet ferroviaire, mais bien de « régler enfin les questions en suspens ».

Ciel unique européen. Le candidat a eu des mots très durs à l'égard du Ciel unique européen, jugeant les progrès en matière de gestion du trafic aérien « limités et décevants ». Il s'est dit frustré que les États membres soient prêts « à perdre 5 milliards d'euros par an, plutôt que d'améliorer le système ». Une intransigeance partagée par M. Kallas qui a annoncé son intention de privilégier les procédures d'infractions afin que les règles soient respectées, notamment s'agissant de la mise sur pied des neufs blocs d'espace aérien fonctionnels.

Financements. Tout au long de son audition, M. Sefcovic a souligné qu'il ferait de l'adage « utilisé ou perdu » son principe à propos des fonds européens à disposition des États membres pour financer des projets d'infrastructure. Il s'est inquiété du fait que les Européens soient « bons pour créer des infrastructures, mais pas pour les entretenir », car trop coûteux. Il est important, pour lui, de pouvoir attirer l'investissement privé (celui des compagnies d'assurance, a-t-il évoqué) et de mobiliser davantage la Banque européenne d'investissement. Le système de péage basé sur la distance parcourue retient aussi son attention plus que la vignette, basée sur le temps. En la matière, deux principes clés lui tiennent à cœur, a-t-il précisé: celui du pollueur-payeur et de la non-discrimination (en réponse au projet de péage allemand). D'autres questions, telles que les droits des passagers, les voies navigables intérieures et les aides d'État ont été abordées, mais le commissaire a botté en touche quand il a été questionné sur les méga-camions ou les grands projets inutiles financés par l'UE.

Espace. En fin de session, le commissaire-candidat a brièvement évoqué la politique spatiale de l'UE, qui fera désormais partie de ses compétences. M. Sefcovic a été mis sur le grill à propos du fiasco des deux satellites Galileo placés sur une orbite erronée fin août. Il a dit être toujours en attente d'informations sur cette « anomalie d'injection » et a maintenu qu'il veillerait à ce que le potentiel de ces satellites soit néanmoins utilisé. (MD)

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