Bruxelles, 01/09/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne et les experts des pays de l'UE travaillent d'arrache-pied en vue du Conseil Agriculture, vendredi 5 septembre à Bruxelles, qui sera consacré aux mesures destinées à atténuer les effets de l'embargo russe sur de nombreux produits agricoles de l'UE (EUROPE 11142 et 1114).
Le comité spécial agriculture (CSA), composé des experts des pays de l'UE, se réunit, ce mardi 2 septembre, pour évoquer le dossier et ainsi préparer le débat des ministres de l'Agriculture de l'UE. Le représentant de la Commission européenne fera un état des lieux des mesures déjà prises à ce jour et des conséquences attendues de l'embargo russe. La Présidence italienne du Conseil de l'UE suggère aux experts du CSA de débattre de trois thèmes: - les produits agricoles affectés, dans chacun des pays, par les restrictions russes ; - les mesures prises au niveau national pour atténuer les effets négatifs de l'embargo sur les produits agricoles ; - les mesures supplémentaires qu'il conviendrait de prendre au niveau national et de l'UE (en plus de celles déjà prises dans les secteurs des fruits et légumes et des produits laitiers). Le débat du Conseil Agriculture de vendredi devrait reprendre les mêmes thèmes de discussion.
Rappelons que les produits visés par l'embargo russe (fruits, légumes, lait et produits laitiers, viandes) ont représenté l'an dernier un marché de 5,3 milliards d'euros. Heureusement, les Russes ont exclu de l'embargo des produits importants comme le vin, les spiritueux, les pâtes ou encore les céréales.
Le commissaire à l'Agriculture, Dacian Ciolos, présentera mercredi 3 septembre au collège des commissaires européens des indications sur les mesures déjà prises, les éventuelles mesures supplémentaires possibles et les prévisions des marchés agricoles dans le contexte de l'embargo russe. Par exemple, on sait que les secteurs des pommes et des poires sont durement touchés, car 6% de la production européenne de ces produits sont destinés à la Russie. La Commission ne s'attend pas à une forte baisse des prix dans les secteurs de la viande (en tout cas pas avant fin octobre).
Parmi les autres mesures possibles figure le versement anticipé des aides agricoles (50% de l'aide dès le 16 octobre). La Commission estime que les restitutions à l'exportation ne sont pas un outil utile. La Commission réfléchirait à la possibilité de reprogrammer des actions de promotion afin de cibler de nouveaux marchés à l'exportation. L'idée serait d'utiliser, pour d'autres pays tiers, l'argent des programmes de promotion prévus pour la Russie, puisque cette dernière a fermé son marché aux produits agricoles de l'UE.
Vote mardi sur les produits laitiers. Le comité de l'organisation commune des marchés agricoles devrait voter, mardi 2 septembre, les mesures (contenues dans un acte d'exécution) en faveur du lait et des produits laitiers. Pour rappel, il s'agit d'aides au stockage privé de beurre et de lait écrémé en poudre (il est prévu aussi de prolonger jusqu'à la fin de l'année la période d'intervention publique pour le beurre et le lait écrémé en poudre). En outre, la Commission présentera aux experts des pays de l'UE le texte (acte délégué) visant à étendre aux fromages l'aide au stockage privé. Tous les fromages devraient être éligibles, sauf ceux à pâte molle, car ils ne peuvent pas être stockés trop longtemps.
Questions budgétaires. L'aide au stockage privé pour le beurre, le lait écrémé en poudre et les fromages pourrait coûter au budget communautaire, selon certaines estimations très provisoires, entre 10 et 20 millions d'euros. Les aides pour les pêches et nectarines s'élèvent à 32,7 millions d'euros et les mesures pour les fruits et légumes périssables représentent un coût de 125 millions d'euros.
Le budget prévu dans la réserve en cas de crises agricoles s'élève à 423 millions d'euros dans le budget 2014, et 433 millions dans le budget 2015. La Commission s'attend à ce que le budget 2015 de l'UE surtout soit mis à contribution, car le budget 2014 prend fin le 15 octobre prochain. Mais elle estime qu'une grande partie des mesures seront financées à partir de crédits non utilisés dans le budget de la PAC, et non pas à partir de la réserve en cas de crise. En octobre, la Commission présentera une lettre rectificative contenant les dernières estimations sur les dépenses agricoles attendues pour 2015. On en saura davantage à ce moment sur les crédits de la PAC encore disponibles. (LC)