Bruxelles, 01/09/2014 (Agence Europe) - C'est à Paris, au siège de l'OCDE, que s'entament, ce 2 septembre, des discussions de deux jours entre les autorités grecques et la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) en vue de la prochaine mission formelle des créanciers d'Athènes qui débutera vers la mi-septembre.
« Le but de cette rencontre est de discuter des progrès sur certaines des questions qui devront être abordées » pendant la mission formelle, explique la 'troïka'. Elle a clairement indiqué que ni les besoins de la Grèce au-delà de 2014, ni la question de la durabilité de la dette n'étaient à l'agenda des discussions. Ces questions seront donc abordées dans le contexte de la prochaine mission. Le trio institutionnel espère que ces discussions préliminaires contribueront à rationaliser la mission et à éviter que celle-ci s'éternise comme ce fut le cas précédemment. La 'troïka' veut également s'assurer que les questions sur lesquelles des progrès sont attendus soient clairement établies pour les Grecs.
Un facteur extérieur pourrait néanmoins influencer le calendrier. Seront en effet publiés, dans la 2ème quinzaine d'octobre, les résultats de l'évaluation de la solidité du secteur bancaire européen. Ces résultats constituent l'une des inconnues de l'équation relative à la soutenabilité de la dette grecque et les besoins en financement du pays.
L'eurozone sera placée, plus tard dans l'année, face à ses engagements de novembre 2012, lorsqu'elle avait promis une nouvelle réduction de la dette grecque dès qu'un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) serait dégagé et si la Grèce tient ses engagements. La dernière analyse de la trajectoire de la dette a montré une légère dégradation des perspectives. Les derniers chiffres provisoires de croissance publiés le 1er septembre ont par ailleurs révélé une récession de l'ordre de 0,3% sur un an au 2ème trimestre, après un recul de l'activité d'1,1% au 1er trimestre. Le gouvernement espère que le 3ème trimestre permettra de renouer avec la croissance. Les chiffres publiés lundi indiquent que la récession a atteint 0,7% au 1er semestre de 2014, le gouvernement tablant sur une croissance du PIB grec de 0,6% pour toute l'année.
La rencontre à Paris, première du genre entre la Grèce et le trio institutionnel, vise à apaiser les tensions qui ont lieu à Athènes lors des missions des créanciers. Malgré les déclarations de certains ministres, la Grèce n'est toujours pas prête à envisager un 3ème plan d'aide. Une ligne de crédit préventive du Mécanisme européen de stabilité serait envisagée, selon Reuters. Les réformes seront réalisées d'une manière plus efficace dans le futur « précisément parce que la 'troïka' ne sera pas sur notre dos » mais « restera en arrière plan », a confié le ministre grec Gikas Hardouvélis dans une interview au New York Times.
Selon le quotidien grec Kathimerini, les membres du gouvernement grec arriveront à Paris avec trois objectifs: convaincre le FMI de débloquer sa tranche d'aide sans attendre les résultats des stress tests, convaincre ses interlocuteurs qu'il n'y aura pas de trou budgétaire l'année prochaine et qu'une baisse des taxes est possible et réduire la liste de 600 actions préalables en suspens. (EL)