Bruxelles, 30/07/2014 (Agence Europe) - Plusieurs dirigeants de l'ancienne Armée de Libération du Kosovo (UÇK) seront poursuivis pour crimes contre l'humanité et trafic d'organes devant le tribunal chargé de juger les crimes de guerre commis lors du conflit serbo-kosovar en 1999, ce tribunal devant encore être mis en place. C'est ce qu'a annoncé, mardi 29 juillet à Bruxelles, le procureur américain Clint Williamson au bout de trois ans d'enquête au Kosovo et en Albanie pour le compte de l'Union européenne, qui l'avait missionné dans le cadre de l'opération EULEX. L'enquête confirme les accusations du Suisse Dick Marty, du Conseil de l'Europe, qui, à la fin de 2010, avait rapporté des faits d'enlèvements, de tortures et de trafic d'organes dans un rapport. Le procureur américain a toutefois reprécisé que les prélèvements d'organes sur les victimes du conflit, dont se seraient notamment rendus coupables les membres de l'UCK sur les Serbes, restaient limités à moins d'une dizaine de cas. « Exagérer les chiffres ou dire que chaque Serbe porté disparu ou tué a fait l'objet d'un prélèvement d'organes ne sert aucun intérêt, mais augmente la détresse des familles des disparus, car il n'y a aucune preuve », a dit Clint Williamson.
Les individus qui seront poursuivis « étaient tout en haut de la hiérarchie militaire de l'UCK », a précisé le procureur américain. « Au stade actuel, il y aura un seul acte d'accusation visant plusieurs personnes », a-t-il indiqué. M. Williamson a refusé à ce stade de donner les identités des personnes qui seront mises en accusation. L'enquête menée par les services de Clint Williamson porte sur près de 500 personnes tuées, environ 300 enlevées et quelque 200 000 déplacées. (SP)