Bruxelles, 25/07/2014 (Agence Europe) - Aligner les feuilles de route nationales sur celle du Forum stratégique européen pour les infrastructures de recherche (ESFRI) et définir un nombre plus restreint de projets prioritaires de ce dernier: ce sont les quelques idées qui ont été évoquées par les ministres européens de la Recherche, qui se sont retrouvés pour un Conseil informel à Milan (Italie), mardi 22 juillet.
Les ministres ont déjà eu l'occasion, au mois de mai, de se pencher sur l'ESFRI, en approuvant la mise en oeuvre de trois projets et en adoptant la feuille de route pour les années 2015-2016 (EUROPE 11088). C'est donc en souhaitant poursuivre le débat sur ce sujet que la Présidence italienne du Conseil a décidé de consacrer l'ensemble de la réunion de Milan à la question des infrastructures de recherche (IR).
En amont de cette rencontre, trois questions ont été adressées aux États membres: - quelles priorités pour les actions à venir de l'ESFRI ? ; - comment rendre plus efficaces les IR existantes et quel rôle pour l'UE dans ce contexte ? ; - comment assurer la viabilité à long terme de ces infrastructures ?
Au cours de la réunion, la ministre italienne Stefania Giannini a rappelé les enjeux: « Nous passons d'un système principalement basé sur les infrastructures de recherche nationales vers un système véritablement européen, avec un accès ouvert à tous les utilisateurs potentiels », ce qui conduit à « un grand changement et une grande chance, tant au niveau politique que culturel », qui doit impliquer « une planification claire des actions nécessaires », a-t-elle dit.
Elle a ensuite proposé, en guise de réponse aux trois questions, que l'ESFRI devienne un point focal de l'analyse de l'ensemble des IR au sein de l'UE, afin d'identifier les domaines prioritaires, d'éviter les doublons et de créer des synergies entre les capacités nationales. Elle a poursuivi en suggérant, qu'en imitant le modèle du Conseil européen de la recherche (CER), un système d'évaluation soit créé qui ouvre la porte à la possibilité de donner la priorité en matière de financement européen à un nombre restreint de meilleurs chercheurs des infrastructures sélectionnées. Finalement, pour garantir la viabilité, il faudrait s'assurer que les IR soient « ouvertes » et accessibles aux chercheurs de toute nationalité, a-t-elle dit.
Plusieurs ministres ont convenu qu'il fallait se pencher sur l'avenir de l'ESFRI, la réforme de sa gouvernance étant une des possibilités mises en avant. La majorité d'entre eux ainsi que la Commission européenne ont souligné le besoin de coordonner les feuilles de route et les décisions nationales et de les ajuster aux priorités de l'ESFRI. Accroître le lien entre les infrastructures nationales, en employant notamment à cette fin les fonds structurels européens et 'Horizon 2020'. C'est là un autre objectif important qui a également été souligné. Sur la manière de sélectionner les projets prioritaires de l'ESFRI, la France a notamment proposé d'opter pour les projets les plus matures et ceux qui ont le plus de chance d'être soutenus par les États membres. (JK)