Bruxelles, 25/07/2014 (Agence Europe) - Les ONG environnementalistes Greenpeace et Friends of the Earth critiquent sèchement l'objectif proposé par la Commission, mercredi 23 juillet, de 30% d'efficacité énergétique à l'horizon 2030, en complément des objectifs proposés, en janvier, pour le cadre 2030 dans son ensemble (un objectif contraignant de 40% pour les réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) et un objectif d'au moins 27% pour la part des énergies renouvelables) (EUROPE 11127).
« Dans ces derniers jours, la Commission sortante a mis sur la table une proposition sans courage et qui est un cadeau pour les oligarques. Un objectif ambitieux d'efficacité énergétique permettrait de réduire considérablement les besoins en importations coûteuses de combustibles fossiles en provenance de Russie et d'ailleurs et d'aider l'UE à résister aux intimidations de Poutine (le président russe, NDLR). Les recherches menées par la Commission montrent (qu'un objectif élevé) pourrait créer 3,5 millions de nouveaux emplois tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique. C'est une évidence que les dirigeants européens ne peuvent ignorer », a commenté Greenpeace.
Pour Friends of the Earth, le « faible » objectif proposé est « déconcertant ». L'ONG critique la décision de la Commission d'ignorer sa propre analyse, qui montre qu'un objectif de 40% apporterait des avantages environnementaux et économiques majeurs pour améliorer la sécurité énergétique, pour stimuler l'emploi et lutter contre le changement climatique.
Greenpeace et Friends of the Earth plaident pour trois objectifs contraignants à l'horizon 2030, et à des niveaux bien plus élevés que ceux proposés: 55% pour les émissions de GES, 45% pour les renouvelables et 40% pour l'efficacité énergétique. Le futur président de la Commission, Jean-Claude Juncker, soutient un objectif contraignant d'au moins 30% et, en juin, l'Allemagne, le Danemark, la Belgique, l'Irlande, la Grèce, le Portugal et le Luxembourg ont écrit à la Commission pour demander une cible de rendement ambitieux et contraignant, rappellent les deux ONG. Greenpeace dénonce « le lobbying intense des grandes compagnies énergétiques européennes pour éviter un objectif significatif pour l'efficacité énergétique ». (EH)