Bruxelles, 25/07/2014 (Agence Europe) - Les défis croissants de l'aide humanitaire dans les mois qui viennent et les perspectives de financement de la politique de développement par temps de contraintes budgétaires ont été au coeur du premier échange de vues qu'ont eu, mardi 22 juillet à Bruxelles, les députés de la commission du développement du Parlement et Lapo Pistelli, ministre délégué aux Affaires étrangères de l'Italie, venu leur présenter les priorités du semestre de la Présidence italienne du Conseil (EUROPE 11116).
Linda McAvan (S&D, britannique), présidente de la commission parlementaire, a rappelé que l'initiative des volontaires de l'aide de l'UE entre en action à l'heure de « crises humanitaires particulièrement graves ». Elle a évoqué, parmi les priorités, la révision du Cadre de Hyogo pour la réduction des risques de catastrophes au début de 2015 et les efforts de l'UE pour renforcer la résilience des populations vulnérables à des chocs extérieurs ainsi que le lien entre l'aide humanitaire à court terme et l'aide au développement.
« La sensibilisation aux causes humanitaires, c'est la première priorité de la Présidence dans le domaine du développement », a déclaré le ministre italien, en ayant notamment à l'esprit l'enjeu de la sécurité alimentaire, particulièrement cher à la Présidence. Celle-ci compte aussi renforcer le lien entre l'aide humanitaire et la protection civile, améliorer la protection des groupes vulnérables en situation d'urgence et oeuvrer à une implication accrue du secteur privé dans la fourniture d'aide humanitaire, eu égard aux contraintes qui pèsent sur l'aide humanitaire de l'UE. Les députés se sont alarmés du manque sans précédent de crédits de paiements en 2014 (EUROPE 11051) et des coupes budgétaires adoptées la semaine dernière dans le budget 2015 à l'heure de la multiplication des crises humanitaires de grande ampleur (Syrie, Soudan du Sud, Proche-Orient, Sahel). « Il faut dès à présent veiller à nous concentrer sur les domaines les plus importants pour pouvoir assurer l'avenir. Nous devons faire part au Conseil des difficultés des paiements pour l'aide humanitaire », a déclaré Paul Rübin (PPE, autrichien), rapporteur pour avis sur le budget 2015.
Compte tenu des contraintes budgétaires, les députés ont appelé à des modes de financement de la politique de développement plus novateurs et plus efficaces. Le représentant de la Commission européenne a indiqué que le financement du développement serait en effet l'un des grands sujets à l'agenda du développement dans les années à venir, tout comme les « arrangements post-Cotonou » (l'accord de Cotonou liant l'UE et 79 pays ACP expire en 2020). Charles Goerens (ADLE, luxembourgeois) a rappelé que 2015 est l'année européenne du Développement et que c'est la première fois qu'une année européenne est dédiée à une politique externe. (AN)