Bruxelles, 25/07/2014 (Agence Europe) - Une étude externe sur la pêche aux petits filets maillants dérivants, publiée jeudi 24 juillet, indique notamment qu'une interdiction complète de ces engins de pêche, comme proposé par la Commission européenne en mai dernier, aurait un impact économique et social important, alors qu'il est difficile de quantifier les effets environnementaux d'une telle interdiction (EUROPE 11079 et 11080).
Le règlement 345/92 introduit l'interdiction des filets maillants dérivants d'une longueur individuelle ou totale supérieure à 2,5 kilomètres (ainsi que l'obligation pour les filets de longueur supérieure à 1km d'être en permanence attachés au navire de pêche). Selon les auteurs de l'étude externe, commandée par la DG MARE, il faut bien entendu continuer à interdire les filets maillants dérivants de plus de 2,5 km. Mais l'option d'une interdiction totale des filets maillants dérivants « entraînera une augmentation de la charge administrative pour les administrations nationales », notamment pour celles qui ne placent pas les pêcheries au filet parmi les pêcheries à surveiller et à contrôler en priorité, selon cette étude. Cette option « induira également d'importants impacts économiques et sociaux pour les pêcheurs utilisant actuellement des filets maillants dérivants, notamment pendant la phase d'adaptation qui suivra la fermeture des pêcheries », peut-on lire dans le rapport.
Le rapport stipule en plus qu'il n'est pas évident de déterminer quels pourraient être les impacts environnementaux de l'interdiction totale. Surtout que le report d'effort vers d'autres métiers qui résulterait de ces fermetures de pêcherie « pourrait présenter des effets aussi bien positifs que négatifs, en fonction des impacts générés par les pêcheries de remplacement ». Le rapport indique notamment que les flottilles utilisant le filet maillant dérivant génèrent sur les stocks cibles de poissons « des niveaux de captures mineurs » comparés aux autres flottilles européennes. En outre, il n'y a pas d'information permettant de suggérer que les stocks ciblés par des filets maillants dérivants courent un risque de surexploitation en mer du Nord et en Atlantique Nord-Est, du fait de ces pêcheries. « La proportion de captures réalisées par les filets maillants dérivants est faible comparée aux autres métiers en présence ».
Le rapport indique que les moyens de contrôle actuellement déployés par les États membres sont « suffisants pour détecter les infractions à la longueur maximale des filets maillants dérivants ». Pour neuf des dix pays consultés, les pêcheries de petits filets maillants dérivants ne sont pas considérées comme pêcherie à risque ou prioritaire en termes de contrôle et de surveillance. Des infractions ont toutefois été rapportées pour la Méditerranée concernant la capture d'espèces interdites. La législation nationale a été renforcée afin d'améliorer le contrôle des filets maillants dérivants (Italie), en interdisant notamment la détention simultanée de filet maillant dérivant et de palangre à bord de navires de pêche. Ceci permet d'éviter le ciblage et la capture d'espèces à l'aide de filets maillants dérivants tout en étant déclarées capturées à la palangre. « Ceci suggère que les outils en place au niveau communautaire ne sont pas entièrement pertinents vis-à-vis des besoins de contrôle et de surveillance en Méditerranée », conclut le rapport.
Quarante-quatre pêcheries utilisant des petits filets maillants dérivants ont été identifiées dans les dix cas d'études et ce, pour plusieurs bassins de l'UE: la mer Baltique, la mer Noire, la mer Méditerranée, la mer du Nord, l'Atlantique Nord-Est, ainsi que dans des régions ultrapériphériques (Guyane française et Martinique). La Méditerranée comprend huit pêcheries, toutes situées en Italie. Il y a 24 pêcheries en Atlantique Nord-Est (France, Royaume Uni et Portugal). Dans ce bassin, les pêcheries ciblent le bar commun, le saumon, le hareng, la sole, la sardine, les aloses (Alosa spp.), les lamproies (Petromyzontidae spp.) et les dorades (Sparidae spp.). La grande majorité des navires font moins de 12 mètres et opèrent à l'intérieur des 12 miles nautiques. Deux pêcheries ont été identifiées dans les régions ultrapériphériques françaises, en Guyane française et en Martinique. La pêcherie guyanaise cible l'acoupa et comprendrait 83 navires, tandis que la pêcherie martiniquaise comprend 45 navires ciblant les poissons volants. (LC)