Bruxelles, 25/07/2014 (Agence Europe) - L'Union européenne a officiellement adopté, vendredi 25 juillet, de nouvelles sanctions en lien avec la situation dans l'est de l'Ukraine, en ajoutant 15 personnes et 18 entités « responsables d'actions allant à l'encontre de l'intégrité territoriale de l'Ukraine ». Ainsi, désormais, 87 personnes et 20 entités font l'objet d'un gel de leurs avoirs et d'une interdiction de visas.
Les États membres ont également adopté formellement un élargissement des critères de désignation prévus dans la base juridique des mesures restrictives. « Cela ouvre la voie à un gel des avoirs et à une interdiction de visa pour les personnes et entités qui soutiennent activement les décideurs russes responsables de l'annexion de la Crimée ou de la déstabilisation de l'est de l'Ukraine ou qui tirent avantage de ces décideurs », a expliqué le Conseil dans un communiqué. Ces décisions devaient être publiées vendredi 25 juillet dans la soirée dans le Journal officiel de l'UE et entrer alors en vigueur. À l'heure où nous mettons sous presse, la publication n'avait pas encore été faite. Sur la base de ces nouveaux critères, les ambassadeurs de l'UE devraient, lundi 28 juillet, s'entretenir sur l'ajout de noms de personnalités et d'entités et discuter de mesures supplémentaires pour limiter le commerce et l'investissement avec et en Crimée et à Sébastopol.
Par ailleurs, jeudi 24 juillet, les ambassadeurs ont une nouvelle fois débattu des propositions de la Commission et du SEAE (Service européen pour l'action extérieure) sur des mesures restrictives, y compris sur l'accès aux marchés des capitaux, de la défense, de biens à double usage et de technologies sensibles. Ils ont chargé la Commission de préparer les actes législatifs dans ces quatre domaines. Ces propositions législatives devraient être prêtes pour mardi 29 juillet, quand les ambassadeurs se réuniront à nouveau pour discuter de ces mesures. « Les propositions vont refléter les discussions » entre ambassadeurs, a expliqué une source européenne. Un porte-parole de la Commission européenne a précisé que les travaux avançaient « rapidement ». Une source a précisé qu'il y aurait encore de « sérieux débats », des discussions « considérables » afin de définir les mesures.
Les projets South Stream et Yamal visés
En ciblant des technologies sensibles indispensables à leur développement, les sanctions proposées contre la Russie pourraient retarder les grands projets énergétiques russes, tant dans le secteur des gazoducs, que la Russie domine, que dans celui du gaz naturel liquéfié (GNL), un domaine en pleine expansion mais où elle n'est pas encore un grand acteur. Si elles sont appliquées, les sanctions pourraient retarder des projets tels que le gazoduc South Stream, piloté par Gazprom pour relier la Russie au marché européen en passant sous la mer Noire et en contournant l'Ukraine, ou encore l'installation de GNL Yamal dans l'océan Arctique, piloté par Novatek. Les sanctions visent en effet à restreindre l'accès aux conduits pour la construction des pipelines, aux tubes de forage de pétrole ou de gaz, aux plateformes de forage flottantes ou submersibles, ainsi qu'aux grues flottantes et à l'équipement de dragage. « Si les partenaires d'ingénierie de l'Europe sont empêchés de travailler sur l'un des grands projets russes de pétrole ou de gaz en raison des sanctions, ils vont presque certainement être retardés », redoute un consultant qui travaille sur les projets d'énergie russes. Le projet South Stream, auquel participent les énergéticiens italien ENI, français EDF, autrichien OMV et allemand Wintershall, s'appuie fortement sur le savoir-faire européen. Idem pour le projet Yamal, auquel participent les énergéticiens français Total, spécialiste dans le forage en haute mer, et le chinois CNPC. (CG et EH)