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Bulletin Quotidien Europe N° 11129
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

La 'troïka' critique la lente gestion des prêts bancaires 'toxiques'

Bruxelles, 25/07/2014 (Agence Europe) - La 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) a annoncé, vendredi 25 juillet, être parvenue à un accord avec les autorités chypriotes lui permettant de conclure sa 5ème mission de suivi de la mise en oeuvre du plan de sauvetage de l'île.

Néanmoins, le ton employé se veut plus directif et moins dans l'éloge qu'à l'issue des missions précédentes. Le trio institutionnel met en effet le doigt sur l'importance « critique » de renverser la tendance des prêts toxiques ('NPLs') pour restaurer le crédit, la croissance économique et la création d'emplois.

« Mettre en place sans délai un cadre juridique efficace pour les saisies immobilières et les cas d'insolvabilité est essentiel » pour inciter les emprunteurs et les banques à collaborer pour réduire le niveau des prêts non performants, qui représentent désormais la moitié du total des prêts des banques chypriotes.

Selon la presse, la fin de la mission a été quelque peu retardée pour cause de désaccords entre le gouvernement chypriote et la 'troïka' sur la législation concernant les saisies immobilières. Celle-ci doit être mise à jour. Comme le précise le dernier rapport du FMI, ces saisies peuvent prendre actuellement jusqu'à vingt ans. La nouvelle législation devrait être approuvée avant le 12 septembre, lorsque l'Eurogroupe se réunira pour valider le versement d'une tranche de 350 millions d'euros du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone euro. Ce cadre juridique devait pourtant être adopté avant fin juin, selon la dernière mise à jour du protocole d'accord (EUROPE 11111).

« Les efforts qu'effectuent les banques pour lever du capital sur les marchés privés sont bienvenus », estime en outre la 'troïka', surtout en vue des résultats de l'examen de santé mené au niveau européen par la BCE et l'Autorité bancaire européenne (ABE) et de la participation des grandes banques chypriotes au mécanisme de supervision unique (MRU) à partir de novembre. Poussée par le gouvernement, la Bank of Cyprus (BoC), première banque de l'île, entendrait lever un milliard d'euros. Les banques et les coopératives doivent, par ailleurs, pousser en avant leur plan de restructuration. Pour préserver l'intégrité du secteur bancaire, il est également demandé aux autorités d'accélérer la mise en oeuvre du cadre pour la lutte contre le blanchiment d'argent. L'eurozone en avait fait une des pré-conditions à l'aide internationale.

Sur le plan macroéconomique, la 'troïka' n'a pas revu son diagnostic et s'en tient à prévoir une récession de l'ordre de 4,2% du PIB en 2014, puis un retour de la croissance de 0,4% en 2015. Les autorités chypriotes ont déclaré récemment qu'elles trouvaient trop pessimistes les projections pour cette année et anticipent un recul de l'activité économique de 4% (EUROPE 11114). « Les risques restent significatifs, liés aux contraintes limitant l'offre de crédit et à la crise en Ukraine », précise la 'troïka'.

Les autorités chypriotes ont poursuivi leur politique budgétaire prudente et ont jusqu'ici constamment dépassé les objectifs fixés. La 'troïka' préconise le maintien de cette prudence, en particulier lors de la préparation du budget pour 2015. Celui-ci devra être « basé sur des hypothèses prudentes, assurer la neutralité budgétaire de la nouvelle réforme de l'aide sociale » et contribuer à atteindre l'objectif d'un excédent budgétaire primaire de 4% du PIB en 2018.

Sur le front des réformes structurelles, l'accent est placé sur la mise en oeuvre de la réforme du système social, ainsi que sur les progrès à réaliser dans la collecte des recettes et en matière de privatisation.

En conclusion, la 'troïka' insiste sur la nécessité d'une constance dans la mise en oeuvre des mesures préconisées, compte tenu des risques toujours élevés pesant sur l'économie chypriote.

Hormis les 350 millions d'euros qu'attend Chypre du MES, le FMI se réunira en septembre pour décider du versement d'une tranche de 86 millions d'euros. (EL)

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