Bruxelles, 11/07/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne s'est voulue rassurante, vendredi 11 juillet, face aux difficultés de la première banque du Portugal, Banco Espirito Santo (BES), mises au jour la veille. Jeudi matin, son principal actionnaire, l'Espirito Santo Financial Group (ESFG) a vu la cotation de son action suspendue, après que celle-ci avait chuté de plus de 8% de sa cotation en raison des difficultés de la holding à la tête du groupe Espirito Santo International (ESI). N'ayant pas honoré à temps des échéances de remboursements d'obligations détenues par des clients en Suisse, elle a annoncé être sur le point de dévoiler un plan de restructuration de sa dette estimée à près de 7 milliards d'euros. ESI avait par ailleurs dissimulé des pertes de l'ordre de 1,3 milliard d'euros.
EBS a tenté de rassurer, jeudi, en prenant la mesure de son exposition aux dettes des autres sociétés du groupe Espirito Santo, chiffrées à 1,18 milliard d'euros à la fin juin. La banque s'est empressée de préciser que les pertes potentielles « ne remettent pas en cause le respect des ratios de capital réglementaires » et qu'elle disposait de « réserves financières qui dépassent de 2,1 milliards d'euros le ratio minimal requis ». Son titre s'est effondré de 17,4%, coté à 0,5 euros jeudi, contraignant ainsi les autorités boursières portugaises à suspendre sa cotation dans l'attente d'informations importantes de sa part.
Simon O'Connor, porte-parole de la Commission européenne, n'a pas souhaité commenter les événements, mais a tout de même tenu à souligner que les dernières années avaient vu le système financier portugais être renforcé de manière significative. « Nous sommes confiants que tout problème dans le système bancaire sera géré de manière efficace et opportune », a-t-il déclaré, prenant par le même biais note des annonces de la Banque centrale du pays et du Premier ministre, Pedro Passos Coelho. « Nous ne voyons pas de cause pour des inquiétudes excessives ici », a-t-il conclu.
Le Premier ministre a balayé d'un revers de la main le scénario d'une intervention publique, ne voyant aucune raison de le faire « dans une banque qui a des fonds propres solides et qui dispose d'une marge confortable pour faire face à toute éventualité ». La Banque du Portugal a de son côté estimé que la BES disposait de réserves suffisantes pour faire face à un « éventuel impact négatif » de son exposition au reste du groupe.
Les dommages collatéraux se sont tout de même fait sentir, avec une chute de 4,218% de la Bourse de Lisbonne, ainsi que de celles de Madrid et de Milan (1,98% et 1,9% respectivement). Le taux à 10 ans du Portugal sur le marché obligataire s'est hissé à 3,984%, au plus haut depuis deux mois. Même constat pour les rendements espagnol et italien qui sont également remontés. (EL)