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Bulletin Quotidien Europe N° 11120
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

« la transparence des documents devrait être une priorité pour M. Juncker », dit Sophie in't Veld

Bruxelles, 11/07/2014 (Agence Europe) - L'eurodéputée néerlandaise Sophie in't Veld est membre de la commission des libertés civiles au PE et en pointe depuis plusieurs années sur la question des droits fondamentaux ou de la protection des données. À quelques jours du vote des députés, à Strasbourg, mardi 15 juillet, sur la candidature de M. Juncker, elle revient pour EUROPE sur ses attentes et sur les conditions de son soutien, qui ne porteront pas tant sur les compétences personnelles de l'homme que sur un « paquet » comprenant priorités politiques et personnalités pour les mettre en œuvre (propos recueillis par SP).

Agence Europe: Quelle est votre position après l'audition de M. Juncker devant votre groupe ? Comptez-vous voter en sa faveur ?

Sophie In't Veld: Nous sommes en train de décider cela. En tant que Libéraux, nous avons toujours promu le système des Spitzenkandidaten et nous le soutenons. Mais nous ne votons pas sur un candidat et sur sa capacité personnelle, nous votons sur un paquet. Nous avons un accord à trois partis (avec le PPE et le S&D) et nous voulons clairement faire valoir nos desiderata politiques et, avec eux, les postes politiques pour les mettre en oeuvre. Nous sommes typiquement dans les modèles de coalition en place au niveau national, où les choses s'organisent ainsi. Notre soutien dépendra donc de ce que les autres groupes seront prêts à nous donner. Car je pense qu'ils ont besoin de nous ; à deux, ce sera un peu juste. Il faut étudier le tableau complet: d'abord voir les priorités politiques que l'on peut partager avec les autres partis, ensuite parler des commissaires. Il est clair que nous voulons des commissaires, mais pas pour n'importe quel portefeuille. J'espère que nous aurons ces réponses d'ici à mardi.

Le vote ne se fait donc pas sur les qualités de Jean-Claude Juncker ?

Dans mon pays, il y a toujours eu un Premier ministre qui n'était pas de mon choix et nous travaillons avec lui. C'est le système de coalition qui impose cela et nous l'acceptons. Je crois que M. Juncker est un homme très compétent, mais, là encore, il faudra voir le programme de coalition.

Qu'attendez-vous particulièrement de lui dans le domaine des libertés civiles ?

Pour moi, il y a trois choses: l'application des droits fondamentaux, car la Commission actuelle a été un peu trop timide, l'introduction de la feuille de route pour les droits des LGTB et la transparence des documents. Sur ce dernier point, je n'ai pas trouvé M. Juncker très clair. Il ne semble pas être le champion de la transparence (M. Juncker a dit mardi soir qu'il s'opposait à une transparence qui « puisse nuire aux plus faibles et aux personnes ne pouvant pas se défendre », faisant allusion aux citoyens des pays sous programmes lorsque se négociaient les plans d'austérité entre 'troïka' et gouvernements, NdlR). Or ,depuis 2008, ce dossier, le règlement 1049/2001 (sur l'accès du public aux documents du Conseil, de la Commission et du Parlement), est bloqué, le Conseil et la Commission ne voulant pas plus de transparence, à l'inverse du Parlement. Je veux demander à M. Juncker de débloquer ce dossier, cela devrait être une priorité pour tout le monde.

Quant aux droits fondamentaux, la Hongrie est l'un des pays qui nous inquiète le plus, mais il y en a d'autres. La Lituanie, par exemple, en ce qui concerne les droits des homosexuels. Sur ces points, M. Juncker s'est engagé à intervenir avec plus de détermination. L'article 7 du Traité (la procédure de suspension des droits de vote d'un pays au Conseil, NdlR) est trop lourd. Il faut de nouveaux instruments qui permettent de couvrir les droits des hommes et des femmes, la liberté de la presse ou encore l'indépendance judiciaire.

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