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Bulletin Quotidien Europe N° 11108
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

La coopération régionale entravée par les rivalités entre États membres

Bruxelles, 25/06/2014 (Agence Europe) - La Méditerranée devrait davantage s'intégrer, a estimé le secrétaire général de l'UpM (Union pour la Méditerranée), Fathallah Sijilmassi, dans un discours prononcé vendredi dernier à Paris face à des médias, portant sur les perspectives euro-méditerranéennes.

Les pays du pourtour méditerranéen doivent accentuer leur coopération régionale, a-t-il affirmé. Il observe que « l'intégration régionale est extrêmement faible », ne dépassant pas 5% des échanges extérieurs. Le taux pour le Maghreb est encore plus faible. « Les échanges croisés entre les cinq pays de la sous-région ne représentent que 3% de leur commerce extérieur, alors que celui de l'ASEAN (Asie du Sud-Est) est de 25%, celui du Mercosur (Amérique latine) 20% sans parler de celui de l'Union européenne, à 65% », a précisé le secrétaire général.

Son organisation se donne pour mission de « déclencher un réflexe régional » et de promouvoir des projets communs. Il regrette que des pays membres présentent parfois des projets identiques. À son avis, le rôle de l'UpM doit être de tenter de fusionner des projets qui font double emploi.

La difficulté de concrétiser les engagements initiaux de cette « Union de projets » ? Il y aurait un problème d'identification et non de financement. « Pour les bons projets, les financements sont disponibles », a-t-il affirmé, selon les médias qui citent ses propos.

L'obstacle est aussi politique, lié au conflit du Proche-Orient. M. Sijilmassi, selon l'AFP, défend la présence d'Israël dans l'UpM, même si cette participation demeure contestée par plusieurs pays de la rive sud, qui n'envisagent cependant pas de se retirer de l'organisation. « Nous ne nous engageons que dans des actions qui ne sont pas 'polluées' par le conflit du Proche-Orient », explique le représentant d'un État membre réticent à l'égard d'Israël. Pour le secrétaire général Sijilmassi, « Israël et la Palestine sont membres (de l'UpM), chacun y défend sa position ». La Ligue arabe y est aussi active, même si elle n'y a qu'un statut d'observateur et malgré la présence d'Israël à toutes les réunions.

La situation explique que l'UpM tend à se concentrer sur la Méditerranée occidentale non directement concernée par ce conflit. Pour continuer à exister, l'UpM tend en effet à se confondre avec le groupe « 5+5 » (pays de la Méditerranée occidentale).

Le Maroc et la Jordanie sont les deux seuls pays arabes à avoir des relations directes ou reconnues avec Israël. Cela explique aussi que l'essentiel des postes de responsabilité ou les lieux de réunions sur la rive sud reviennent au Maroc et à la Jordanie, sauf les réunions n'impliquant pas Israël. Cela entraîne parfois des rivalités sourdes entre pays.

C'était aussi le cas de l'Égypte jusqu'à la « révolution ». Ce pays semble revenir dans le jeu et revendique depuis peu un plus grand partage (ou une récupération) des postes de responsabilités. Le renouvellement en cours des instances dirigeantes de la Fondation culturelle Anna Lindh offre l'exemple le plus récent de cette résurgence de la « course au poste » entre États de la rive sud. Ils ne sont plus pourtant, pour la plupart, que des acteurs passifs de ce dialogue inauguré en grande pompe en 2008 mais qui n'a produit que des résultats mineurs.

L'UpM se distingue plus par des effets d'annonce que par de réels projets autres que l'organisation de colloques et séminaires et la « labellisation » de simples opérations de promotion de projets existants.

Les avis convergent généralement vers le même constat: celui d'une UpM qui a été au cours des dernières années plus préoccupée par l'évolution de ses propres structures et par le souci de boucler son budget et de collecter les contributions des États membres que par son objet même: initier de grands projets à caractère régional. (FB)

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