Bruxelles, 25/06/2014 (Agence Europe) - José Manuel Durão Barroso est d'avis que la Commission européenne qu'il préside applique déjà la flexibilité introduite dans le Pacte de stabilité et de croissance, alors que les leaders européens sont appelés à plancher, jeudi 26 et vendredi 27, sur les orientations stratégiques de la prochaine Commission parmi lesquelles la façon de stimuler la croissance économique.
« Le Pacte de stabilité fournit déjà une flexibilité suffisante », a estimé M. Barroso, mercredi 25 juin. Il a rappelé que la Commission, dans son analyse du respect des règles budgétaires européennes par les États membres, tenait compte du « cycle économique » et des circonstances spécifiques à chaque pays. D'où l'octroi en 2013 à six États membres d'un délai supplémentaire pour respecter leur objectif budgétaire à condition qu'ils entreprennent les réformes et poursuivent l'assainissement des finances publiques: deux ans de plus pour l'Espagne (nouvelle deadline, 2016), la France (2015), la Pologne (2014), la Slovénie (2015) et un an aux Pays-Bas (2014) et au Portugal (2015) (EUROPE 10855).
Notant que, pour deux pays, la Commission va trop loin dans son interprétation des règles et qu'aucun État ne demande clairement une révision du Pacte (EUROPE 11106), M. Barroso a souligné que les recommandations de la Commission en matière de politique budgétaire étaient à chaque fois endossées « à l'unanimité » au Conseil. Nous n'imposons rien, a-t-il insisté, promettant quand même de « tout faire pour garantir le respect de règles que les États membres ont eux-mêmes façonnées ».
En pointe dans ce dossier, l'Italie estime néanmoins que la marge de flexibilité du Pacte a été appliquée de façon réductrice. Sortie de la procédure pour déficit excessif, elle demande une réinterprétation des dispositions concernées en tenant compte de la priorité à accorder désormais aux réformes structurelles et à l'investissement dans un contexte de sortie de récession. Rome plaide aussi pour un Fonds d'investissement européen, un recours plus systématique aux 'project bonds' adossés au budget communautaire pour le financement de grands projets ainsi qu'une nouvelle augmentation du capital de la BEI de 10 milliards d'euros. L'Italie soutient enfin la création d'une capacité budgétaire destinée à aider les pays de la zone euro à absorber le contre-coup des réformes qu'ils appliquent. (MB)