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Bulletin Quotidien Europe N° 11077
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INSTITUTIONNEL / (ae) pe 2014

L'Espagne, concentré du pire et du meilleur, selon M. Juncker

Bruxelles, 12/05/2014 (Agence Europe) - Jean-Claude Juncker, le candidat du PPE pour la présidence de la Commission européenne, a appelé, lundi 12 mai, les Européens à aller voter en nombre le 25 mai et à montrer qu'après l'intense crise financière et économique déclenchée en 2009 « ils ont compris que l'Europe compte ». Après avoir rencontré à Madrid le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, M. Juncker a de nouveau présenté ses priorités, en insistant sur la participation des citoyens à l'élection ou sur la compréhension des effets de la crise sur la vie quotidienne des Européens, qu'il s'agisse de la crise financière ou plus récemment de la crise ukrainienne.

La première priorité de celui qui sera président de la Commission sera de s'attaquer avec les gouvernements nationaux aux causes du chômage, surtout le chômage des jeunes, a dit M. Juncker. L'Espagne connaît l'un des pires taux de chômage de l'UE (plus de 50% chez les jeunes). Pour l'ancien patron de l'Eurogroupe, le cas de l'Espagne doit aussi servir d'exemple. « Nous avons dû apprendre qu'un déficit de la balance commerciale s'élevant à 10% du PIB (comme jusqu'en 2008) n'était pas durable mais le signe d'un manque préoccupant de compétitivité de l'économie nationale. (…) Nous avons également appris qu'un boom de l'immobilier peut être un signe d'instabilité financière (…). Nous avons dû apprendre que l'on ne peut pas construire une croissance sur trop de dette privée ».

En Espagne, « nous avons vu aussi qu'avoir des finances publiques relativement stables uniquement est très important mais loin d'être suffisant. En 2007, l'Espagne avait une dette publique bien en dessous de la moyenne de l'UE, à 36%, inférieure même à celle de l'Allemagne. L'Espagne a alors également généré un excédent budgétaire de 1,9%. Toutefois, lorsque la crise financière a frappé l'Espagne et que la bulle immobilière a éclaté, les banques ont dû être secourues et l'économie stabilisée avec l'argent des contribuables », a rappelé M. Juncker. L'Espagne est donc devenue l'illustration « du lien fatal entre l'instabilité financière et la dette publique ». L'Espagne a également su relever la tête, a noté l'ancien Premier ministre luxembourgeois. « L'Espagne est aussi un pays qui montre qu'en dépit de nombreuses difficultés, les gouvernements nationaux et les institutions de l'UE ont réussi à prendre les bonnes mesures pour résoudre la crise ». Le plus impressionnant, pour M. Juncker, « est que l'Espagne, après des réformes structurelles intenses et souvent douloureuses, est redevenue compétitive ».

Le candidat du PPE a détaillé son programme en matière de politique étrangère, de politique énergétique et de politique industrielle. M. Juncker souhaite faire passer le poids de l'industrie d'ici 2020 à 20% du PIB de l'UE contre 16% aujourd'hui. Il souhaite aussi revoir les règles de concurrence applicables au secteur des télécoms pour rendre le marché européen plus dynamique et compétitif et permettre aux entreprises de s'agrandir plus facilement, comme l'a déjà suggéré la chancelière Angela Merkel (EUROPE 11076). (SP)

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