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Bulletin Quotidien Europe N° 11057
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Gaz, miser sur les capacités de stockage et les autres ressources

Bruxelles, 09/04/2014 (Agence Europe) - L'Union européenne doit renforcer ses capacités de stockage de gaz et exploiter d'autres sources de production d'énergie pour assurer la sécurité de ses approvisionnements, a souligné mardi 8 avril la Commission européenne.

Le risque d'un arrêt des fournitures transitant par l'Ukraine, comme en 2009, a été au coeur de deux réunions présidées par le commissaire européen à l'Énergie, Günther Oettinger.

La première (le groupe de coordination sur le gaz) était destinée à faire le point sur l'état de stocks de gaz dans l'UE, estimés à 36 milliards de m3, a précisé la Commission. La seconde (table ronde sur la sécurité de l'approvisionnement) a porté sur les mesures pour assurer la sécurité de l'approvisionnement des États membres. Une délégation du gouvernement ukrainien, emmenée par le ministre de l'Énergie, Iouri Prodan, y a participé.

Ces deux réunions s'inscrivaient dans le cadre de la préparation, par la Commission, d'un plan d'action pour permettre à l'UE de réduire sa forte dépendance énergétique à l'égard de la Russie. Il doit être soumis au Conseil européen en juin.

« Le rôle du stockage et des sources alternatives de production nationales doivent être examinées avec soin dans ce but », a souligné la Commission dans un communiqué.

L'an dernier, l'UE a acheté 133 milliards de m3 à la Russie, soit 25% de sa consommation, pour une facture de 35 milliards d'euros. Le prix varie entre 350 et 400 euros pour 1 000 m3, selon les contrats. Or, près de la moitié de ces achats, soit 65 milliards de m3, transite par le réseau de gazoducs ukrainiens.

L'Ukraine, pour sa part, consomme 50 milliards de m3 de gaz par an. Elle en produit 20 milliards et achète les 30 milliards restants à la Russie.

Or, la sécurité des achats de gaz russe transitant par l'Ukraine est compromise depuis la décision de Gazprom d'augmenter le prix du gaz vendu à l'Ukraine de 270 à près de 500 dollars les 1 000 m3. La Russie veut aussi conditionner la poursuite des ventes à l'Ukraine au règlement d'une dette de 1,71 milliard de dollars due par la compagnie ukrainienne Naftogaz et au versement d'une somme de 11,4 milliards de dollars correspondant aux rabais accordés pendant les quatre dernières années.

L'UE est mieux armée pour affronter un arrêt des livraisons transitant par l'Ukraine, grâce à l'amélioration de ses infrastructures et la possibilité de renverser les flux, a souligné la Commission.

Mais plusieurs pays de l'UE restent très dépendants des fournitures russes. La dépendance est de 80% pour les États baltes, la Finlande, la Bulgarie, la Hongrie et la Slovaquie, selon la Commission. Elle est de 30% pour l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, la Grèce, la Slovénie et la République tchèque.

Selon des projections, les États européens pourraient acheter 20 milliards de m3 de plus à la Norvège, soit 119,5 milliards de m3, et 7 milliards de plus à l'Algérie (voir autre nouvelle), soit 32,7 milliards. Ils pourraient également accroître leurs achats de gaz naturel liquéfié (GNL) de 47,5 milliards à 87,5 milliards de m3, mais ce gaz est beaucoup plus cher.

La décision des États-Unis de mettre sur le marché d'énormes quantités de gaz de schiste devrait contribuer à faire baisser les prix du GNL et le mettre en concurrence directe avec le gaz russe, a-t-on souligné de source européenne. La crise avec la Russie a aussi démontré l'urgence pour les Européens d'investir dans la réalisation de terminaux pour le GNL et de compléter les interconnexions transfrontalières. (LC)

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