Bruxelles, 12/12/2013 (Agence Europe) - La Slovénie n'aura pas besoin d'une assistance financière pour venir en aide à ses banques, a affirmé la Commission européenne, jeudi 12 décembre, alors que les résultats de l'évaluation du secteur ont révélé le même jour des besoins en recapitalisation de 4,8 milliards d'euros.
« Aujourd'hui, il est clair que la Slovénie peut procéder à la réparation de son secteur financier sans se tourner vers ses partenaires européens pour une assistance financière », s'est félicité Olli Rehn, commissaire aux Affaires économiques et monétaires.
Le gouvernement slovène a annoncé par communiqué que les trois principales banques (NLB, NKBM et Abanka) recevraient 2,1 milliards d'euros en liquide, 905 millions en obligations et 441 millions via des pertes sèches imposées aux créanciers juniors. Les cinq autres banques (UniCredit Banka Slovenija, Banka Celje, Hypo Alpe-Adria Bank, Raiffeisen banka et Gorenjska banka) ont jusqu'à juin 2014 pour lever des fonds sur les marchés privés (les besoins s'élèvent à 1,6 milliard). Si elles n'y parviennent pas, alors le gouvernement interviendra via une injection de capital conforme aux règles en matière d'aides d'État. Le gouvernement a précisé avoir préparé mercredi pour un milliard d'euros d'obligations à émettre. 3,6 milliards de réserves en liquide du budget sont également disponibles.
Si le pays évite d'être placé sous le joug de la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) en n'ayant pas recours à une aide du Mécanisme européen de Stabilité, Olli Rehn en est tout de même allé de ses recommandations. Considérant la stratégie pour le système bancaire convaincante et crédible, il a invité le pays à aller de l'avant sur l'agenda des réformes économiques, en particulier en améliorant l'environnement des affaires ('business environment') et en procédant aux privatisations. Il a indiqué que la Commission suivrait cela de près. Le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, réagissant par communiqué, a quant à lui estimé que des banques plus fortes et un meilleur environnement pour les entreprises poseraient les fondations de la reprise économique. M. Rehn a par ailleurs salué les actions prises jusqu'ici.
Sur les privatisations, le gouvernement slovène a réitéré son engagement à se séparer de ses parts dans Abanka ainsi que dans NKBM et de réduire de plus de 25% sa participation dans NLB.
Le plan de restructuration doit être validé par la Commission européenne. Après cela, la dette publique slovène atteindra 75,6% du PIB, selon les prévisions gouvernementales. (EL)