login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10933
Sommaire Publication complète Par article 39 / 43
CONSEIL DE L'EUROPE / (ae) moyen-orient

Massacre d'Ashraf, appel à des sanctions contre l'Irak et l'Iran

Strasbourg, 01/10/2013 (Agence Europe) - “I 'm an achrafian”. Paraphrasant la phrase prononcée à Berlin par son oncle John Fitzgerald Kennedy en juin 1963, le sénateur américain Patrick Kennedy a voulu exprimer sa solidarité avec le Comité national de la résistance iranienne (CNRI) dont la présidente, Maryam Radjavi, était présente au Conseil de l'Europe lundi 30 septembre.

Invitée en marge de la session plénière de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), celle-ci a longuement évoqué le massacre de 52 membres de l'organisation des Moudjahidines du peuple d'Iran (OMPI) et la détention de sept d'entre eux, dont six femmes. Les faits se sont déroulés le 1er septembre dernier au camp d'Ashraf, en Irak et, selon toute vraisemblance, les prisonniers sont retenus non loin de Bagdad sous la menace constante d'une extradition vers l'Iran, ce qui signerait leur arrêt de mort.

Le but de cette intervention était clairement de secouer les instances internationales - Organisation des Nations unies (ONU), États-Unis, Union européenne et Conseil de l'Europe - pour qu'elles mettent en place des sanctions à l'égard de ces deux pays. Or, de telles mesures semblent particulièrement complexes à décider à l'heure où une décrispation des relations avec l'Iran semble s'amorcer. La poignée de mains entre le président français, François Hollande, et son homologue iranien, Hassan Rohani, de même que l'entretien téléphonique échangé entre celui-ci et Barack Obama, inquiètent beaucoup les participants au hearing qu'ils soient membres du CNRI ou de l'APCE ou intervenants extérieurs. « Nul doute que ces deux hommes d'État français et américain ne se laisseront pas leurrer », a notamment dit le maire socialiste de Magny-en-Vexin, Jean-Pierre Muller, invité à Strasbourg, « mais les images médiatiques laissent penser que l'Iran change et que son président est un autre président alors que rien ne change dans un quotidien frappé par une horreur que l'on ne peut imaginer ». « Le gouvernement iranien est vulnérable », a déclaré pour sa part Maryam Radjavi, « il doit faire face au mécontentement de sa population et sait que tout peut basculer. Pour lui, il est vital d'anéantir toute opposition organisée et il a clairement fait pression sur le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, dont le gouvernement est également fragile pour qu'il commandite le massacre d'Ashraf ». Pour l'Occident, « regarder et ne rien dire revient à approuver le crime », a déclaré la présidente du CNRI. En jeu à ce stade, selon elle, la condamnation officielle des faits, la mise en place de sanctions, l'envoi d'une mission d'observateurs auprès des prisonniers, la garantie que ceux-ci ne seront pas extradés vers l'Iran et la mise sous protection par l'ONU d'un autre camp irakien, le camp Liberty, où près de 3 000 opposants iraniens se retrouvent sans aucune protection.

L'appel a été entendu par les membres de l'APCE présents qui ont tous promis de faire pression auprès de leur parlement respectif: britannique, espagnol, suisse et finlandais. « La communauté internationale a la responsabilité d'exprimer une position ferme par rapport au gouvernement irakien et d'affirmer une tolérance zéro face aux atrocités », a dit le libéral espagnol Jordi Xucia, « la protection doit s'exprimer par des faits ». Promesse a aussi été faite de mettre tout en œuvre pour que le Conseil de l'Europe agisse en ce sens. (VL)

 

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL
ACTION EXTÉRIEURE
CONSEIL DE L'EUROPE
AFFAIRES & ENTREPRISES N°76