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Bulletin Quotidien Europe N° 10926
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) rÉgions

Cohésion et budget, derniers commentaires de Le Drian (CRPM)

Bruxelles, 20/09/2013 (Agence Europe) - Pour quelques jours encore Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, siégera comme président de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM). Ce mandat prendra fin lors de la quarantième assemblée générale de l'association, les 26 et 27 septembre, organisée à Saint-Malo, en Bretagne, sa région d'origine. En guise de dernière révérence, il dresse pour EUROPE le bilan de la réforme de la politique de cohésion, du prochain budget européen et de ses trois ans de mandat aux services de ces régions particulières. (MD)

Agence Europe: Que pensez-vous de la réforme de la politique de cohésion ? Est-ce une évolution positive ? Quelles sont vos inquiétudes à ce propos ?

Jean-Yves Le Drian: Nous sommes favorables à l'architecture de la politique de cohésion qui a été proposée par la Commission européenne en octobre 2011, avec en particulier une catégorie supplémentaire de régions en transition. Nous nous sommes beaucoup battus sur ce point et c'est de notre point de vue une bonne avancée. Nous avons beaucoup protesté aussi sur la conditionnalité macroéconomique qui pouvait, pour certaines régions, ressembler à une double peine. Nous souhaitons qu'elle ne soit pas mobilisée. Nous avons de ce côté plutôt des assurances dans la détermination du Parlement européen. Enfin, la CRPM a souhaité l'élaboration d'accords de partenariat entre niveaux de gouvernance, entre régions et États membres, pour l'ensemble des programmes opérationnels. Je pense que, sur ce point, nous avons fait avancer les choses, puisque le Parlement européen et le Conseil devraient parvenir à un accord sur ces dispositions.

Le budget européen alloué à la politique de cohésion, et donc aux régions, est-il suffisamment conséquent pour 2014-2020 ?

Nous avons regretté le faible niveau d'ambition sur le cadre financier pluriannuel. Cela nous chiffonne car le budget de la politique de cohésion figure parmi les lignes budgétaires les plus réduites. C'est donc insatisfaisant parce que nous considérons que la politique de cohésion est le ciment de l'Union européenne. En termes d'adhésion des populations et des concitoyens à l'UE, c'est un manque à gagner dommageable. Ce qui nous paraît utile toutefois, c'est qu'il y ait une clause de réexamen des fonds structurels, menée conjointement avec la clause de réexamen du budget de l'Union pour 2014-2020 à mi-parcours. Cela permettra à la nouvelle Commission européenne et au Parlement européen de s'exprimer sur la question. C'est une avancée qui nous sert.

Comment s'en sortent les régions dans la foulée de la crise, la politique de cohésion est-elle une bouée de sauvetage valable ?

La politique de cohésion pour les régions périphériques maritimes est un outil déterminant pour la stratégie européenne 2014-2020. Une politique de sortie de crise ne peut pas se faire uniquement par le haut, et par les gouvernements centraux. Nous avons beaucoup insisté sur le fait qu'aboutir à une sortie de crise performante, mettant la compétitivité au centre, ne peut se faire que si les régions sont actrices. Tout notre travail est de faire valoir ce concept.

Quel regard portez-vous sur votre mandat de président de la CRPM, quel est votre souhait pour les régions périphériques maritimes ?

Je suis maintenant, par nécessité, obligé de quitter mon siège de président car c'est assez difficile d'exercer en étant ministre de la Défense au sein du gouvernement français. L'association va fêter ses 40 ans au moment ou je vais quitter la présidence, elle réunit plus de 150 régions - dans le respect des singularités politiques et géographiques des unes et des autres - et se base sur trois mots clés: expérience, visibilité, force d'expertise. J'ai essayé de poursuivre cette action dans une période difficile de crise.

Ces trois dernières années, nous nous sommes beaucoup battus sur la politique de cohésion. Nous avons aussi fait beaucoup avancer les choses dans l'ensemble des enjeux maritimes (sécurité, industrie navale, formations, autoroutes de la mer, politique de la pêche). Depuis trois ans aussi, nous avons aussi fait valoir l'enjeu de l'accessibilité dans le domaine des transports afin que les périphéries puissent aussi être davantage desservies, et éviter que les orientations ne soient prises en permanence qu'en fonction de la densité de population et des grands réseaux d'Europe centrale. J'ai aussi essayé de procéder à ce que nous ayons toute notre place dans l'UE, par exemple maintenant nous sommes invités au Conseil informel sur la cohésion, ce qui est une forme de reconnaissance particulière.

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