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Bulletin Quotidien Europe N° 10926
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

Modifications apportées à l'accord de pêche UE/Mauritanie

Bruxelles, 20/09/2013 (Agence Europe) - La Mauritanie et l'Union européenne se sont mis d'accord, mercredi 17 septembre à Nouakchott, sur des modifications à apporter au protocole de pêche signé en 2012, mais pas encore approuvé par les institutions de l'UE. La Commission européenne se félicite des changements apportés dans la perspective du vote, le 8 octobre au Parlement européen, sur la conclusion de cet accord de pêche. Fin mai, la commission pêche du PE avait recommandé de ne pas approuver la conclusion de l'accord (EUROPE 10856).

Après deux jours de négociations au sein du comité conjoint UE/Mauritanie sur le protocole de pêche pour 2012-2014, la partie mauritanienne a accepté l'amendement en deux points concernant la pêche crevettière et la pêche pélagique, avec comme conditions la protection des ressources halieutiques nationales et la préservation des intérêts des pêcheurs mauritaniens, d'après le chef des négociateurs mauritaniens, Cheikh Ould Ahmed, un conseiller du ministre de la Pêche.

En vertu de cet amendement, la flotte européenne est désormais autorisée à s'approcher de certaines zones de pêche jusqu'à 10 miles des côtes, au lieu de 20 miles dans la version précédente du protocole de pêche, ce qui permettra aux navires de l'UE de capturer certaines espèces de crevettes. De plus, la redevance à verser par les navires de l'UE à la partie mauritanienne baisse, en passant de 420 euros par tonne à 400 euros.

S'agissant de la pêche pélagique, trois zones de pêche ont été réservées aux navires de l'UE, entre le Cap Timéris (près de Nouakchott) et une zone proche de la frontière sénégalaise (sud). « Les deux parties ont souligné l'importance des conclusions obtenues, qui permettent d'offrir à la flotte de l'Union européenne un accès plus efficace et durable aux possibilités de pêche, tout en assurant la préservation des ressources halieutiques mauritaniennes », se félicite la Commission.

Le comité conjoint s'est mis d'accord sur les changements suivants: une modification des zones de pêche à la crevette, une révision des captures accessoires de céphalopodes et une diminution du prix des licences payées par les bateaux de l'UE de pêche artisanale ; - une adaptation des zones de pêche pour les chalutiers congélateurs de pêche pélagique (renforçant la protection des fonds marins et améliorant les possibilités de pêche) ; - une amélioration des conditions d'embarquement des marins mauritaniens à bord des navires européens ; - la poursuite de la recherche scientifique pour le lancement d'une campagne expérimentale de pêche au poulpe dans les eaux mauritaniennes ; - une transparence accrue dans la mise en œuvre de l'appui sectoriel pour l'appui financier 2013-2014 qui vise à renforcer le secteur de la pêche en Mauritanie.

« Les résultats de la réunion reflètent le renforcement de la coopération et du partenariat entre l'UE et la Mauritanie, en particulier dans le secteur de la pêche », note encore la Commission européenne. Selon des données officielles mauritaniennes, le secteur de la pêche représente plus de 20% des recettes budgétaires et emploie plus de 36 000 personnes en Mauritanie.

Ce nouveau protocole représente une somme de 110 millions d'euros par an, la contribution de l'Union se montant à 70 millions (67 millions pour l'accès aux ressources et 3 millions au titre de l'aide sectorielle). Les 40 millions d'euros par an restants sont à la charge des acteurs du secteur de la pêche, par les redevances versées pour les licences de pêche.

Une centaine de navires, battant pavillon de douze États membres différents, se voient accorder l'accès aux zones de pêche mauritaniennes. Ils viennent d'Espagne (surtout), d'Italie, du Portugal, de Grèce, de France, du Royaume-Uni, de Malte, des Pays-Bas, d'Allemagne, de Pologne, de Lituanie et de Lettonie. Les captures de la zone sont réparties en huit catégories: espèces pélagiques, espèces démersales (merlu et autres), crustacés et mollusques (crevette, langoustine, langouste et crabe), thon. La catégorie des céphalopodes existe mais se voit attribuer zéro possibilité de pêche, ce qui pose problème aux Espagnols. (LC)

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