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Bulletin Quotidien Europe N° 10913
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) consommateurs

'IP tracking', un eurodéputé demande une enquête à la Commission

Bruxelles, 03/09/2013 (Agence Europe) - Il est temps que la Commission européenne enquête sur l' « IP traking », le pistage d'adresses Internet à des fins commerciales dont certains voyagistes sont friands pour surtaxer les clients réservant des billets ou des séjours en ligne, estime l'eurodéputé Marc Tarabella (S&D, Belgique), spécialiste de la protection des consommateurs. Il a adressé, mardi 3 septembre, deux questions parlementaires (une question orale et une question écrite) au Conseil et à la Commission, et un courrier à la Commission. La veille, la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés), organe de contrôle français, annonçait qu'elle allait mener une enquête en France.

« Les plaintes émanant de consommateurs à travers l'Europe ne cessent d'augmenter. Certains voyagistes truquent leurs tarifs et arnaquent les consommateurs en ligne. Il est temps de mettre le haut-là », souligne l'eurodéputé qui juge « totalement scandaleuse » la pratique de l'« IP tracking », une technique marketing dont voici deux modes opératoires: 1) une agence de voyage fait une offre en ligne pour un séjour ou une destination. L'internaute qui consulte l'annonce une première fois se voit proposer le prix de 100 euros. Lorsque ce client potentiel revient sur le site, après avoir fait le tour des autres opérateurs à la recherche d'un meilleur tarif, l'offre est montée à 120, voire à 150 euros. De peur que le tarif n'augmente encore, l'acheteur décide alors illico d'acheter le billet, ignorant qu'on lui a forcé la main et qu'il s'est fait gruger. 2) Des sites enregistrent les données personnelles, les endroits préférés, la nourriture, les achats du consommateur et finit par déterminer son niveau de vie, ce qui leur permettra de proposer des prix plus ou moins élevés selon les moyens présumés du consommateur. Sachant que l'« IP tracking » concerne 300 millions de victimes potentielles par an en Europe, que compte faire la Commission pour combattre cette pratique ? Compte-t-elle sanctionner le fait de créer la pénurie pour pousser à l'achat impulsif ? La Commission compte-t-elle légiférer via une directive ou un règlement? L'idée d'une brigade européenne dédiée à ce genre de traques séduit-elle la Commission? demande Marc Tarabella. « Actuellement, si l'on est certain que l'« IP tracking » existe bel et bien et que des données sur les individus sont stockées à leur insu, que ce soit pour des raisons commerciales (marketing, publicité, commerce) ou de sécurité (banditisme, terrorisme, fraudes en tous genres), il faut encore mettre en place des mécanismes pour prouver la fraude. L'argent récolté via des amendes substantielles pourrait, par exemple, être réaffecté au financement de cette traque », explique l'eurodéputé. On pourrait aussi s'inspirer de certaines législations nationales qui interdisent l'utilisation de procédés susceptibles d'altérer de manière substantielle le comportement du consommateur normalement informé et raisonnablement attentif à l'égard d'un bien ou d'un service, estime-t-il. (AN)

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