Bruxelles, 03/09/2013 (Agence Europe) - Alors que le parlement français débattra ce 4 septembre de la situation en Syrie et d'une possible intervention française, le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a précisé, le 2 septembre, que le président français, François Hollande, cherche à former une coalition, condition pour intervenir. « François Hollande continue son travail de persuasion pour réunir dans les meilleurs délais (cette) coalition afin de sanctionner l'usage de l'arme chimique par Damas », a expliqué M. Ayrault, précisant que seule la coalition « est à même de conduire une action de fermeté, pour qu'il ne soit plus possible que soient utilisées des armes chimiques par le dictateur Assad contre son peuple ». « Il n'est pas question pour la France d'agir seule », a-t-il ajouté, expliquant aussi qu'il faut « une action ferme et proportionnée qui ne visera ni à renverser le régime, ni à libérer le pays ». Le 3 septembre, M. Hollande a confirmé que la France n'enverrait pas de troupes au sol.
Paris rend publics des documents sur l'attaque. Le gouvernement français a également déclassifié, le 2 septembre, des documents concernant l'attaque chimique du 21 août. La note souligne que « l'analyse des renseignements dont nous disposons aujourd'hui conduit à estimer que, le 21 août 2013, le régime syrien a lancé une attaque sur certains quartiers de la banlieue de Damas tenus par les unités de l'opposition, associant moyens conventionnels et usage massif d'agents chimiques ». « L'attaque ne peut avoir été ordonnée et conduite que par le régime », précise la note qui ajoute que « l'opposition syrienne n'a pas les capacités de conduire une opération d'une telle ampleur avec des agents chimiques ». Apres une analyse « méthodique » de 47 vidéos des événements, la France a recensé au moins 281 décès, et a précisé que les victimes ne portent pas de blessures corporelles mais des « signes cliniques cohérents avec une intoxication aux agents chimiques ». Déjà, fin août, les services d'espionnage du Royaume-Uni avaient expliqué qu'il « n'y a pas d'autres scénarios plausibles que la responsabilité du régime » syrien pour cette attaque.
L'UE préfère attendre. L'Union européenne, par la voix de Michael Mann, le porte-parole de la Haute représentante, Catherine Ashton, a bien « pris note des informations de Paris, Washington et d'autres pays » concernant l'utilisation des armes chimiques. « Nous n'avons pas d'informations allant dans le sens contraire » mais « nous préférons attendre, en particulier le rapport final des enquêteurs des Nations unies, avant d'émettre un jugement définitif », a-t-il ajouté. M. Mann a précisé que le Conseil informel des Affaires étrangères les 6 et 7 septembre à Vilnius sera une occasion de discuter de la situation et « de notre réponse ».
Appel à une réaction du Conseil de sécurité. Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères suédois Carl Bildt, danois Villy Søvndal, estonien Urmas Paet, finlandais Erkki Tuomioja, letton Edgars Rinkevics, lituanien Linas Linkevicius, islandais Gunnar Bragi Sveinsson et norvégien Espen Barth Eide ont dans une déclaration commune condamné l'utilisation des armes chimiques « dans les termes les plus forts », précisant qu'ils sont « convaincus qu'une réaction internationale forte est nécessaire ». Ils ont appelé le Conseil de sécurité à « déclarer sans équivoque que toute utilisation d'armes chimiques représente une grave violation du droit international. Cette utilisation doit être condamnée en termes non équivoques, des mesures appropriées doivent être prises, et les responsables doivent être traduits en justice ». (CG)