Bruxelles, 03/09/2013 (Agence Europe) - La Confédération européenne des syndicats (CES) n'a pas vraiment apprécié les propos sur l'Espagne du commissaire Olli Rehn, qui ont été publiés au début du mois d'août sur son blog officiel. Une analyse économique erronée, couplée à un style « enjoué » font craindre à la CES le pire: « Ce que cela signifie c'est que vous et la Commission faites la promotion d'une spirale à la baisse de l'érosion des salaires, de l'abaissement du niveau de vie des gens ordinaires, le tout dans l'intérêt d'une idéologie aveugle », indique-t-elle dans une lettre ouverte, envoyée vendredi 30 août.
La CES s'est particulièrement intéressé au titre de l'article de M. Rehn - « Can Spain achieve what Ireland and Latvia did ? ». Mais est-il seulement souhaitable que l'Espagne prenne la même voie suivie auparavant par ces archétypes du redressement budgétaire, s'interrogent les syndicats. 20% d'emplois en moins pour l'un, 15% pour l'autre, la réponse est vite trouvée. Pour la CES, « la vraie leçon de la Lettonie est que l'action pour rétablir la croissance doit venir en premier, avant que des mesures d'assainissement des finances publiques puissent réussir ». M. Rehn souhaiterait voir bientôt une réforme du marché espagnol du travail afin de mener une « dévaluation interne ». Un peu à l'image de ce que propose le FMI: une baisse de 10% des salaires sur deux ans. Hier l'Allemagne, aujourd'hui peut-être l'Espagne et demain pourquoi pas la France, la Belgique et les Pays-Bas pour « remplacer la solidarité par la concurrence impitoyable en tant que principe de l'UE », présage la CES. Comme alternative, elle propose deux voies: il faut du temps, en remettant à plus tard la limite de déficit de 3% du PIB, et il faut une autre approche, en lieu et place d'une attaque en règle contre les salaires des travailleurs. (JK)