Bruxelles, 24/07/2013 (Agence Europe) - La co-présidente de la Fondation EU-LAC, Benita Ferrero-Waldner, est d'avis que la mise en œuvre du Service européen pour l'action extérieure (SEAE) a permis à l'UE de franchir un cap dans l'intégration des « différents corps » diplomatiques dans l'UE.
Pour aller vers une « union politique » renforcée, les décisions en matière de politique étrangère ne devraient plus être prises à l'unanimité mais « à la majorité qualifiée », a-t-elle déclaré mardi 23 juillet lors d'une interview téléphonique à EUROPE. « J'espère que cela se fera » même si le contexte lié à la « crise » économique et sociale s'avère peu propice pour franchir cette nouvelle étape, a reconnu l'ancienne commissaire européenne à l'Action extérieure.
Interrogée sur le récent incident diplomatique entre la Bolivie et plusieurs pays européens dont la France, Mme Ferrero-Waldner a qualifié de « déplorable » le fait que Paris ait fermé son espace aérien à l'avion présidentiel bolivien, suspecté d'accueillir à son bord M. Snowden, cet Américain ayant dénoncé les activités d'espionnage des États-Unis à l'encontre de pays européens et à l'origine d'un imbroglio diplomatique international. D'après elle, cet incident doit servir de leçon et inciter les partenaires européens et latino-américains à travailler au rétablissement d'une « confiance mutuelle ». « Notre fondation, la seule qui englobe tous les pays de l'UE, d'Amérique centrale et des Caraïbes, y contribue », a-t-elle souligné.
TTIP. Dans le domaine commercial, Mme Ferrero-Waldner ne considère pas comme une menace la récente focalisation des Européens sur les négociations relatives à un accord de libre-échange avec les États-Unis. Au contraire, « il y a des synergies à trouver », a-t-elle considéré. Elle a évoqué la possibilité d'une « triangulation » des discussions avec l'UE, les États-Unis et l'Amérique latine et centrale qui doit, de son côté, rester « vigilante ». Selon elle, les pays latino-américains ayant déjà signé des accords commerciaux avec l'UE, comme les pays d'Amérique centrale, le Pérou et la Colombie, sont « mieux placés » que les autres pour tirer leur épingle du jeu.
La Fondation EU-LAC contribue à tisser des liens de part et d'autre de l'Atlantique dans de nombreux secteurs. La coopération est la plus étroite en matière d'éducation, où « 400 universités » participent déjà à des programmes de coopération. Mme Ferrero-Waldner est convaincue que l'Europe peut faire beaucoup pour aider les PME à améliorer leur compétitivité et trouver de nouveaux débouchés. Une cartographie des secteurs les plus porteurs est d'ailleurs en cours en vue d'un séminaire qui aura lieu le 6 novembre à Hambourg (Allemagne), siège de la Fondation EU-LAC. L'objectif est de mettre au point une 'boîte à outils' de mesures et d'instruments qui permettraient, avec l'aide du réseau des chambres de commerce, de stimuler la création de 'clusters' impliquant des entreprises européennes et latino-américaines. (MB)