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Bulletin Quotidien Europe N° 10895
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) zone euro

Lisbonne et Nicosie solvables, un doux rêve pour Natixis

Bruxelles, 24/07/2013 (Agence Europe) - La zone euro maintiendrait, d'une certaine façon, les marchés sous opium en affirmant que les pays en difficultés sont solvables. C'est, en substance, le constat alarmant que fait la banque française Natixis dans un rapport publié récemment.

En 2009, pointe le rapport, « tout montrait que la Grèce était insolvable », c'est-à-dire que l'excédent budgétaire primaire nécessaire pour stabiliser le taux d'endettement était hors d'atteinte, mais la 'troïka' (Commission européenne, BCE,FMI) a décidé d'entretenir « la fiction » de la solvabilité du pays. Malgré le récent mea culpa du FMI, qui a admis avoir commis des erreurs dans le premier plan d'aide grec, les Européens semblent emprunter la même voie à l'égard de Chypre et du Portugal. Le rapport met en exergue le fait que, compte tenu des trajectoires du PIB de chaque pays, de leurs perspectives de croissance et du niveau des taux d'intérêts, il leur faudrait réduire leur déficit public d'une ampleur tout à fait hors de portée (17% du PIB pour Chypre et 9,5% pour le Portugal). Faire l'autruche permettrait aux Européens, d'une part, de prévenir la contagion entre les États membres de l'eurozone, étroitement connectés et, d'autre part, d'éviter de déclencher une crise bancaire « en raison de l'importance de la détention de dette publique par les banques de la zone euro ». Une manœuvre qui pourrait fonctionner si cela laissait aux pays le temps de redevenir solvables grâce à une hausse de la croissance potentielle. Or, comme conclut le rapport, les PIB stagnent ou ralentissent, rendant la stratégie poursuivie caduque. (EL)

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