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Bulletin Quotidien Europe N° 10843
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

Le Brésilien Roberto Azevedo désigné à la tête de l'OMC

Bruxelles, 08/05/2013 (Agence Europe) - L'ambassadeur du Brésil auprès de l'organisation multilatérale prendra ses fonctions le 1er septembre. Il aura la lourde tâche de relancer un round de Doha enlisé.

La troïka composée du président du Conseil général de l'OMC, l'ambassadeur du Pakistan Shahid Bashir, du président de l'organe de règlement des différends, l'ambassadeur du Canada Jonathan Fried, et du président de l'organe d'examen des politiques commerciales, l'ambassadeur de Suède Joakim Reiter, a confirmé aux 159 pays membres, mercredi 8 mai, la désignation du Brésilien Roberto Azevedo, 55 ans, pour succéder le 1er septembre au Français Pascal Lamy, qui achèvera le 31 août son second mandat consécutif.

La désignation de M. Azevedo, aussi serrée soit-elle, au détriment de l'ex-ministre du Commerce du Mexique Herminio Blanco, met pour la première fois le Brésil à la tête d'une institution du système de Bretton Woods, confirmant ainsi l'émergence du Brésil dans la cour des puissances majeures.

Un ordre économique mondial plus juste. Pour la présidente brésilienne Dilma Rousseff, cette désignation « démontre l'intention de favoriser un ordre économique mondial plus dynamique et plus juste ». « Ce résultat révèle un ordre mondial en transformation dans lequel les pays émergents démontrent leur capacité de direction », a renchéri son chef de la diplomatie et ministre du Commerce, Antonio Patriota. Le processus de sélection du prochain directeur général de l'OMC, entamé fin 2012, s'est opéré en trois étapes par éliminations successives, mettant hors jeu sept concurrents, dont l'ex-ministre indonésienne Mari Pangestu, jusqu'à la finale 100% latino-américaine. MM. Azevedo et Blanco s'étaient tous deux engagés à relancer le round de Doha sur la libéralisation des échanges mondiaux, lancé en 2001 et dans l'impasse depuis 2008 en raison de divergences profondes entre pays développés et émergents.

Soutien de l'Afrique et des BRICs. Ambassadeur du Brésil à l'OMC depuis 2008, M. Azevedo, perçu comme un facilitateur de consensus, adepte du multilatéralisme, aurait, selon Brasilia, obtenu 89 voix parmi les 159 pays membres de l'OMC, incluant, de sources diplomatiques, celles des grandes puissances émergentes, les BRICs (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde et Russie) et de presque tous les pays d'Afrique et une très grande majorité des pays pauvres et du Sud. Soutenu par les États-Unis, le Japon, et une grande partie des États membres de l'UE, qui se sont montrés divisés pour définir une position commune, M. Blanco était davantage perçu comme un défenseur du libéralisme.

Le Conseil général de l'OMC devra confirmer, à la mi-mai, la désignation de M. Azevedo qui aura très vite fort à faire, au sortir de l'été, avec une conférence ministérielle, début décembre à Bali, cruciale pour l'avenir du round de Doha comme de la crédibilité d'une organisation multilatérale mal en point. (EH)

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