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Bulletin Quotidien Europe N° 10818
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) italie

Les forces politiques au pied du mur

Bruxelles, 02/04/2013 (Agence Europe) - Une remontée du spread avec le Bund allemand et des taux d'intérêt la dette souveraine italienne. Telle pourrait être la sanction à court terme des marchés face à l'incertitude qui s'est créée quant à la poursuite des réformes entamées par le gouvernement Monti alors que les tentatives de former un gouvernement politique sont dans l'impasse (EUROPE n° 10817).

Conscient de la menace, après le renoncement, jeudi dernier, du leader de centre-gauche, Pierluigi Bersani, à cette mission de formation du nouveau gouvernement en raison des positions inconciliables des différents partis (EUROPE n° 10817), le président de la République Giorgio Napolitano a chargé deux groupes de Sages - l'un sur les matières économiques sociales, l'autre sur les questions institutionnelles - composés de personnalités de différents horizons, de faire la synthèse des priorités des différentes forces politiques afin de rétablir un dialogue entre elles et d'élaborer des propositions de gouvernement. Selon le chef de l'État, qui a procédé aux premières consultations des deux groupes ce mardi dans la matinée, les premiers résultats de cette mission sont attendus dans huit à dix jours, de toute façon avant la fin de son mandat, le 15 avril prochain.

La 'trêve' instaurée depuis quelques mois entre les marchés et l'Italie en raison des gages fournis par le gouvernement Monti pourrait se poursuivre pendant quelques jours ou semaines. Ces derniers jours, Rome est parvenue à placer des titres à dix ans à des taux inférieurs à 5% et le spread entre les bons du Trésor italien et les Bund allemands est resté somme toute contenu (à 350 points de base), en dépit de l'annonce de l'échec des consultations de M. Bersani et, successivement, de celles de Giorgio Napolitano lui-même.

Toutefois, si aucune solution laissant prévoir un déblocage de la situation politique et un consensus sur la poursuite de la discipline budgétaire et des réformes visant à relancer la croissance n'étaient trouvés à l'issue de la mission des deux groupes de Sages, il est plus que probable que les taux et le spread remonteraient en flèche, avec toutes les conséquences que cela pourrait comporter aux niveaux national et de la zone euro. Cela, à un moment où les crispations sont exacerbées en raison des mesures adoptées pour le sauvetage de Chypre et par la fermeté affichée par le gouvernement allemand à quelques mois des élections législatives nationales, en septembre. À un moment aussi où la Commission européenne confirme qu'aucun délai supplémentaire ne sera concédé à l'Italie pour maintenir son déficit à un niveau durablement inférieur à 3% du PIB afin de sortir de la procédure pour déficit excessif (objectif: équilibre budgétaire en 2014). Un signal clair devra donc parvenir rapidement des forces politiques italiennes. (FG)

 

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