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Bulletin Quotidien Europe N° 10806
INSTITUTIONNEL / (ae) hongrie

Orban assure encore que ceux qui s'inquiètent n'ont rien compris

Bruxelles, 14/03/2013 (Agence Europe) - « Tout ce que fait la Hongrie est en accord avec les principes européens » et « s'il y a un problème avec cela, nous sommes prêts à en discuter ». Deux ans après le déclenchement des « hostilités » entre la Commission et la Hongrie autour d'une série de lois problématiques comme la loi sur les médias, Viktor Orban a dû, jeudi à Bruxelles, encore se justifier quant aux récents changements apportés à la Constitution, à nouveau critiqués par ses partenaires internationaux, Conseil de l'Europe en tête. Reprenant la même posture qu'en 2011 et 2012, Viktor Orban a une fois encore accusé ces mêmes partenaires de ne pas avoir véritablement compris l'essence de ces amendements et s'est dit prêt « à tout mettre sur la table ». Expliquant que ces amendements avaient déjà été anticipés il y a un an et relevaient même d'une décision de la Cour constitutionnelle, Viktor Orban a assuré devant la presse internationale que la Cour constitutionnelle continuerait d'être le gardien de la Constitution et que le parlement hongrois dans son vote lundi 11 mars n'avait en aucun cas « adopté une loi limitant la marge d'interprétation de la Cour ». C'est pourtant ce que craignent les observateurs, qu'il s'agisse du Conseil de l'Europe, des ONG hongroises ou des États-Unis qui se sont également dits inquiets des événements en Hongrie. L'un des amendements votés supprimerait en effet les possibilités de références aux arrêts rendus par la Cour suprême hongroise avant 2012, une crainte qu'a balayée M. Orban qui a par ailleurs assuré que près de 95% de ce qui avait été adopté avait déjà fait l'objet d'une analyse de la part de l'UE. « Je ne peux donc pas accepter les critiques maintenant. » Agacé, l'homme fort de Hongrie a déploré que ses partenaires « le blâment d'abord et parlent des faits après ». Viktor Orban s'en est aussi pris à la demande du Conseil de l'Europe de reporter le vote du parlement. « Nous avons parlé de ces amendements pendant trois semaines et c'est trois jours avant le vote que l'on nous demande de ne pas voter », s'est-il énervé.

À Berlin, la commissaire Viviane Reding est en tout cas montée d'un ton, relate Reuters, mettant en garde la Hongrie contre une possible suspension de ses fonds européens. La Commission analysera les amendements à la lumière de l'article 7, a-t-elle dit, ajoutant que la Constitution « n'est pas un jouet et on ne peut pas l'amender tous les six mois ». Mme Reding a encore expliqué avoir « l'impression que la démocratie (en Hongrie) est en danger ». (SP)

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