Bruxelles, 14/03/2013 (Agence Europe) - Le Parlement européen a appelé, mercredi à Strasbourg, à une réglementation européenne pour protéger la santé publique contre les perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques qui interfèrent avec le système hormonal. Fondée sur le rapport d'initiative de l'eurodéputée Asa Westlund (S&D, suédoise), la résolution adoptée par la session plénière (489 voix pour, 102 contre, 19 abstentions) met en garde contre les dommages sanitaires imprévus causés par les perturbateurs endocriniens - baisse de la fertilité masculine, puberté précoce, malformations congénitales, cancers du sein - et demande que ces substances soient couvertes par le règlement REACH (Enregistrement, évaluation et autorisation limitée des produits chimiques).
« De nombreuses substances sont suspectées d'avoir des propriétés perturbatrices endocriniennes. La législation de l'UE réglementant les produits chimiques est insuffisante pour déterminer si une substance a des propriétés perturbatrices endocriniennes, et elle ne contient pas assez d'exigences en matière de données. C'est pourquoi nous exigeons une information et des méthodes d'évaluation appropriées. Les perturbateurs endocriniens devraient être considérés comme des substances extrêmement préoccupantes dans le cadre du règlement REACH, ce qui veut dire qu'elles devraient être soit interdites, soit limitées, soit remplacées par des alternatives plus sûres », explique Mme Westlund.
L'avis scientifique de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est attendu ce mois-ci et une stratégie de l'UE sur les perturbateurs endocriniens est annoncée pour cette année. Mais pour le Parlement, il est temps d'agir et le plus urgent, c'est l'adoption rapide de mesures pour renforcer la protection des groupes de population les plus sensibles (enfants, jeunes, femmes enceintes).
« À maintes reprises, la Commission nous a indiqué que cette future stratégie serait fondée sur l'avis de l'EFSA. Ce travail pourrait, à terme, mener à l'interdiction de nombreuses substances utilisées dans l'industrie au-delà du cadre strictement alimentaire. Pour ce faire, il faudrait que l'EFSA nous démontre qu'elle est capable de travailler en toute indépendance et transparence sur ce dossier crucial pour la santé de nos citoyens », a ajouté Catherine Trautmann (S&D, française).
Figurent parmi les potentiels perturbateurs endocriniens, le Bisphenol A (BPA) utilisé dans le plastiques ; les parabènes qu'on trouve dans les lotions corporelles et les shampoings, les phtalates utilisés dans les produits en PVC, les peintures, les encres et les emballages alimentaires, les filtres UV utilisés dans les cosmétiques et les crèmes solaires. (AN)