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Bulletin Quotidien Europe N° 10806
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) biodiversitÉ

Les écologistes appellent les 27 à ne pas sacrifier les abeilles

Bruxelles, 14/03/2013 (Agence Europe) - Sauver les abeilles ne tolère aucun compromis. À la veille du vote des experts du comité permanent de la chaîne alimentaire et du bien-être animal de l'UE sur le projet de la Commission visant à suspendre pendant deux ans l'utilisation des pesticides toxiques tueurs d'abeilles (EUROPE n° 10777 et 10776), les environnementalistes appellent les experts des 27 États membres à ne pas mollir. Adopter le moratoire proposé sur les trois pesticides ou insecticides néonicotinoïdes (imidaclopride, thiaméthoxame et clothianidine) les plus dangereux est un impératif catégorique, rappellent-ils, inquiets à l'idée du recul amorcé par certains parmi les 27.

Depuis Strasbourg, l'eurodéputée Sandrine Bélier (Verts/ALE, française) avait donné l'alerte, mercredi. « Les nouvelles ne sont pas bonnes. Nous apprenons la préparation d'un projet alternatif qui contiendrait de plus larges dérogations, retarderait et hypothèquerait même le retrait du marché européen des trois produits dont la toxicité pour les abeilles avait été démontrée par l'EFSA en janvier dernier. L'Allemagne, la Hongrie, la Lituanie, l'Autriche, l'Espagne et la République tchèque jugeraient disproportionné d'interdire toutes les utilisations de ces insecticides sur des plantes qui attirent les abeilles », dénonçait-elle. Et d'ajouter: « Il est inacceptable que de telles substances demeurent sur le marché alors que l'EFSA confirme désormais que l'utilisation de ces molécules sur les cultures attractives pour les abeilles est dangereuse. »

Dans un communiqué publié jeudi, Greenpeace enfonce le clou en pressant les gouvernements européens de ne pas plier devant les pressions de l'industrie des pesticides pour, au contraire, écouter les scientifiques et protéger l'agriculture européenne contre ces substances nuisibles.

« Les communautés scientifiques européenne et internationale n'ont cessé d'avertir que les neonicotinoïdes et autres pesticides contribuent au déclin dramatique des populations d'abeilles. Ignorer ces avertissements serait irresponsable et dommageable pour l'agriculture européenne qui repose sur le travail des abeilles et d'autres pollinisateurs. La Commission et les gouvernements de l'UE doivent introduire une interdiction des néonicotinoïdes et la faire respecter. »

L'ONG environnementale rappelle qu'en Europe, la pollinisation des cultures par les abeilles et autres pollinisateurs rapporte à l'agriculture quelque 22 milliards d'euros, et que l'interdiction des néonicotinoïdes est déjà en vigueur en France, en Allemagne et en Slovénie sans impact négatif pour l'agriculture. (AN)

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