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Bulletin Quotidien Europe N° 10806
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

Embargo sur les armes, Paris demande d'avancer la réunion

Bruxelles, 14/03/2013 (Agence Europe) - Selon le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, la France et le Royaume-Uni vont demander à ce que l'examen de l'embargo sur les armes pour la Syrie, prévu initialement fin mai, soit avancé. Les deux pays demandent « aux Européens, maintenant, de lever l'embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre », a-t-il expliqué le 14 mars sur la radio France Info. « Il faut aller très vite, nous allons demander avec les Britanniques que la réunion (...) soit avancée », a-t-il ajouté, n'excluant pas qu'elle ait lieu avant la fin du mois.

Dans un éditorial publié le jour même dans le quotidien français Libération, il précise que « les modalités de cette levée de l'embargo sont à définir en urgence ». « Nous devons convaincre nos partenaires, notamment en Europe, que nous n'avons désormais plus d'autre choix que de lever l'embargo sur les armes, en faveur de la coalition », explique-t-il, considérant que cet embargo « se retourne contre ceux qu'il avait l'intention de protéger: il ne contraint pas ceux qui livrent des armes au régime Assad et il empêche de soutenir ceux qui luttent légitimement contre lui ».

Sur France Info, M. Fabius a précisé que si l'unanimité pour lever cet embargo n'était pas atteinte, Paris et Londres pourraient décider de le faire par eux-mêmes, soulignant que la France est « une nation souveraine ». La veille déjà, le Premier ministre britannique, David Cameron, avait déjà indiqué que Londres pourrait se désolidariser de l'embargo de l'UE en cours, rappelant aussi la souveraineté de son pays (EUROPE n° 10805)

L'Allemagne prête à discuter

De son côté, le ministre des Affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, a précisé que « si les partenaires importants de l'UE voient une situation différente maintenant qui, à leur avis, apporte un autre changement aux sanctions nécessaires, nous sommes naturellement prêts à discuter de cela dans l'UE dès que possible », sans donner d'indication sur la position allemande mais en rappelant que l'embargo a été modifié le 28 février.

Pas de demande de réunion, ni de levée de l'embargo selon le SEAE

La porte-parole de la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, Maja Kocijancic, a précisé que si un État membre veut discuter de la question avant la fin de l'embargo, fin mai, il peut demander à ce qu'un point soit ajouté à une réunion du Conseil. Mais « pour l'instant la demande n'a pas été faite », a-t-elle ajouté. Elle a rappelé que les sanctions sont sous révision constante.

Mardi 13, la Haute représentante a souligné devant le Parlement européen qu'aucun État membre n'a proposé la levée de cet embargo. « Je tiens à être claire - quand j'ai mis l'embargo sur les armes à l'ordre du jour du Conseil des Affaires étrangères - avec toutes les options à discuter - aucun État membre n'a proposé qu'il soit levé pour armer l'opposition », a-t-elle annoncé lors d'un débat sur la situation en Syrie. Tout comme les États membres, les députés européens sont divisés sur la fourniture d'armes à l'opposition. Mme Ashton a précisé que tous les États membres ont voulu s'assurer que le soutien aux personnes et à l'opposition en matériel non létal et en assistance technique soit disponible. Mme Ashton a ajouté qu'elle a discuté, lors de sa rencontre avec le chef d'état-major de l'Armée syrienne libre, Selim Idriss, le 5 mars, de l'aide que l'UE pourrait lui fournir (EUROPE n° 10800).

La Russie, tout comme le régime syrien, a indiqué qu'une levée de l'embargo au bénéfice de la coalition serait une violation du droit international, qui ne permet pas de livrer des armes à des acteurs non gouvernementaux. (CG)

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