Bruxelles, 08/03/2013 (Agence Europe) - Les militants pour les droits de l'homme égyptiens Bahey El Din Hassan et Ahmed Samih ont alerté, le 7 mars, sur la situation dans leur pays et appelé l'UE à changer sa stratégie. « Le more for more est très important mais il doit être mis en place (…) Jusqu'à maintenant le more for more a juste été des mots, et pas la réalité », a dénoncé M. Samih, souhaitant que l'UE attende la mise en place des mesures avant de donner de l'argent à l'Égypte et pose des conditions supplémentaires concernant les droits de l'homme. « L'UE joue le jeu des Égyptiens avec les règles égyptiennes », a aussi critiqué M. Samih, considérant que le gouvernement repousse chaque jour ses promesses et que l'UE l'accepte.
Pour M. El Din Hassan, « ce n'est pas tant une question d'argent ». « L'UE devrait honorer ses valeurs et les accords bilatéraux convenus concernant les droits de l'homme et la démocratie », a-t-il expliqué. Selon lui, les déclarations de la Haute représentante sur l'Égypte reflètent « un manque de vision politique, un manque de stratégie », « elle donne l'impression qu'elle se promène avec son chéquier ». Le régime égyptien ne veut pas créer la démocratie donc chaque euro européen dépensé pour encourager le gouvernement égyptien à aller vers la démocratie n'est qu'un gaspillage, a-t-il ajouté.
Manque de vision politique
L'UE doit aussi revoir son évaluation selon laquelle l'Égypte est toujours en période de « Printemps arabe ». « Ce n'est plus le cas, maintenant il y a des répressions quotidiennes, des attaques contre la société civile et les ONG et la liberté des médias, ce ne sont pas les indicateurs d'une transition vers la démocratie » mais une indication du retour vers les politiques de l'ancien régime. « L'UE ne devrait pas être vue comme supportant le sang quotidien », a-t-il ajouté.
Dégradation des droits de l'homme
« Les gens voient les frères musulmans comme un pouvoir d'occupation, qui sabote le système », a alerté M. Samih, expliquant qu'ils ne décident pas seulement d'un agenda politique mais aussi de la façon dont les gens doivent s'habiller et ce qu'ils ne peuvent pas faire. M. El Din Hassan a mis en avant une dégradation des droits de l'homme dans son pays depuis le début de la présidence de Morsi, il y a huit mois. Il a souligné la répression « pas seulement par la police mais aussi par des leaders des Frères musulmans » ou encore les attaques contre l'indépendance du judiciaire. Selon lui, si la nouvelle loi sur les ONG passe, des milliers d'organisations de la société civile deviendront clandestines.
M. Samih s'est inquiété sur la situation des femmes et, selon lui, dans les cas des violences faites aux femmes par exemple place Tharir, « toutes les données sont entre les mains des autorités égyptiennes mais aucune procédure judiciaire n'a été entamée jusqu'à maintenant », en raison, selon lui, d'un manque de volonté politique. (CG)