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Bulletin Quotidien Europe N° 10802
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Négociations sur le plan d'aide, Nicosie campe sur ses positions

Bruxelles, 08/03/2013 (Agence Europe) - Après avoir accepté de se soumettre à un audit sur sa lutte effective contre le blanchiment d'argent, Nicosie demande, à son tour, des concessions à ses futurs bailleurs de fonds. Pour le nouveau gouvernement chypriote, il est temps de mettre un terme, une fois pour toutes, aux rumeurs d'une implication obligatoire des déposants dans le plan d'aide. Ces rumeurs auraient eu comme conséquence la fuite de près d'1,7 milliard de capitaux retirés des banques chypriotes en janvier. Lundi 4 février, le ministre de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, avait refusé d'écarter explicitement cette éventualité, les modalités du plan de sauvetage étant toujours matière à discussions (EUROPE n° 10799).

Jeudi, au terme d'une réunion avec les représentants de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI), le ministre chypriote des Finances, Michalis Sarris, a déclaré que ce point avait été soulevé par le Premier ministre, Nicos Anastasiades, qui rejette catégoriquement ce scénario. Le FMI pousserait pourtant pour que cette mise à contribution ait lieu, soutenu par l'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas.

Le gouvernement de M. Anastasiades a également refusé d'inclure de nouvelles mesures d'austérité dans le protocole d'accord, comme de nouvelles coupes dans les salaires de la fonction publique ou dans les retraites. Les autorités chypriotes auraient également rejeté une demande de la 'troïka' de revoir la politique fiscale envers les entreprises, une des plus accommodantes d'Europe. Ainsi, les créanciers réclameraient que le taux d'imposition des entreprises soit fixé à 12,5% et non plus à 10%, niveau le plus bas en Europe. Participer à la coopération renforcée sur la taxe sur les transactions financières (TTF) serait également vivement encouragé par les Européens et le FMI. Mais les autorités chypriotes n'en démordent pas: tout ce qui doit être fait pour réduire les dépenses et augmenter les revenus figure d'ores et déjà dans le protocole d'accord, conclu avec le précédent gouvernement, le 21 novembre 2012.

Privatisations. L'étendue et la rapidité des privatisations font l'objet de tractations entre les parties. Le gouvernement actuel, contrairement à son prédécesseur, n'est pas opposé au principe mais préfèrerait attendre avant d'avoir recours à des mesures de ce type pour rendre la dette chypriote viable.

Les autorités chypriotes ont réfléchi, de leur côté, aux manières de contenir l'endettement de l'île, comme par exemple réduire drastiquement la taille du secteur bancaire, pour lequel Chypre devrait emprunter dix milliards d'euros. Nicosie considère que ses banques sont trop actives à l'étranger et souhaiterait voir certaines de leurs succursales fermées. L'île compte également sur les revenus potentiels des gisements gaziers.

Jeudi, le président de la BCE, Mario Draghi, avait réitéré qu'il considérait le cas chypriote comme systémique et que l'Eurozone se devait de trouver une solution qui assure la pérennité de la dette ainsi que la stabilité financière du pays (EUROPE n° 10801).

Si la reconnaissance du caractère systémique du cas chypriote semble ouvrir la voie à un rachat par la BCE des obligations souveraines chypriotes sur le marché secondaire (mieux connu comme programme 'OMT'), une source bien placée rappelait, vendredi, qu'une des conditions auxquelles un pays doit satisfaire pour être éligible au programme 'OMT' est de disposer d'un accès aux marchés financiers. Or, Chypre a été contraint de faire appel à ses partenaires européens notamment parce qu'elle avait perdu un tel accès. (EL)

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