Bruxelles, 05/03/2013 (Agence Europe) - Les rapporteurs sur le quota des femmes dans les conseils d'administration des grandes entreprises prennent la parole quelques jours avant la journée de la femme. Evelyn Regner (S&D, autrichienne) et Rodi Kratsa-Tsagaropoulou (PPE, grecque) font preuve d'un soutien inconditionnel à la proposition controversée de Viviane Reding.
En effet, avec quelques remous, la commissaire aux Droits fondamentaux a proposé, fin 2012, de fixer un quota de 40% de femmes pour les postes non exécutifs dans les conseils d'administration des entreprises européennes cotées en bourse. Le Parlement européen et le Conseil ont démarré leur procédure législative respective. Le Parlement devrait conclure par un vote en plénière en novembre prochain. Mme Kratsa, co-rapporteur sur le dossier, se dit d'ores et déjà « favorable à un objectif concret et chiffré. La proposition de directive offre un cadre réaliste et applicable ». Quant à Mme Regner, les 40% donnent « une direction, qui est la bonne direction ». Toutefois, elle admet que ce chiffre sera difficile à atteindre et que « 30% de femmes dans les conseils d'administration, c'est le minimum absolu si on veut avoir un impact sur la façon de travailler et la façon d'envisager les choses ». Elle préconise donc de « rester flexible » en indiquant par exemple que « lorsqu'une entreprise produit des biens destinés avant tout aux hommes, où la grande majorité des travailleurs sont des hommes, je ne pense pas que 30% de femmes devraient siéger au conseil d'administration ».
D'aucuns s'interrogent sur l'intérêt d'une proposition législative pour une portion si congrue de femmes. Mme Kratsa ne l'entend pas de cette façon. L'initiative est avant tout symbolique selon elle: « Si les femmes étaient mieux traitées dans l'échelle inférieure de la hiérarchie, il ne serait pas question de mesures particulières pour qu'elles atteignent le sommet. Plus les femmes ont de possibilités, plus elles accéderont facilement aux conseils d'administration. »
Le Parlement européen met l'égalité des genres à l'agenda de cette fin de semaine à l'occasion de la journée de la femme le 8 mars. La commission parlementaire aux droits des femmes et à l'égalité des genres tiendra entre autres une réunion interparlementaire le jeudi 7 mars sur « la réponse des femmes à la crise ». Son président, Mikael Gustafsson (GUE/NGL, suédois), participera à un chat sur Facebook, jeudi 7 mars. (MD)