Bruxelles, 20/02/2013 (Agence Europe) - Le groupe sidérurgique s'engage à suspendre toute décision de restructuration et de fermeture d'usine d'ici juin et la présentation du plan d'action pour l'acier.
Le groupe sidérurgique mondial installé à Luxembourg, ArcelorMittal, a pris plusieurs engagements auprès de la Commission, le 19 février, d'une part de ne pas procéder à de nouvelles restructurations en Europe d'ici la présentation par l'exécutif européen de son plan d'action pour le secteur de l'acier, promis pour juin, d'autre part d'investir 180 millions et 140 millions d'euros respectivement sur son site français de Florange et son site belge de Liège afin de les moderniser pour qu'ils deviennent hautement spécialisés dans des produits haut de gamme pour des secteurs tels que l'automobile ou l'emballage.
Le commissaire à l'Industrie, Antonio Tajani, avait lancé la semaine dernière un appel personnel au groupe ArcelorMittal pour qu'il reporte sa décision de fermer des sites en Europe en attendant la présentation par la Commission de son plan d'action, pour lequel il n'avait obtenu qu'une fin de non-recevoir.
Une entrevue avec M. Tajani mardi à Bruxelles a décidé le PDG d'ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, de « donner une chance à la Commission », comme l'a confirmé l'exécutif européen mercredi. Le magnat indien de l'acier a reçu de M. Tajani des assurances que la Commission, les gouvernements et syndicats contribueront « de manière constructive » à l'élaboration d'un plan d'action ambitieux pour l'acier.
Le commissaire à l'Industrie a aussitôt salué « un pas dans la bonne direction », disant toutefois « attendre que les gouvernements et les syndicats fassent également ce pas ». « Surmonter la crise du secteur de l'acier est une tâche collective », insistait M. Tajani hier. Si l'engagement d'ArcelorMittal est une « très bonne nouvelle » pour plus de 98 000 de ses employés en Europe et ses 3 000 employés à Florange et Liège, « c'est maintenant à la Commission de prendre sa responsabilité », insistait l'exécutif européen mercredi, par la voix d'un porte-parole. « Malgré les difficultés et la conjoncture internationale, notre continent a besoin d'une industrie de l'acier forte », ajoutait-il, rappelant l'existence de recommandations préparées la semaine dernière par M. Tajani, les ministres d'une quinzaine d'États membres, et des représentants de l'industrie et des syndicats, et couvrant des domaines précis (R&D, énergie, commerce, emploi…)
La dernière annonce de restructuration d'ArcelorMittal date de janvier, avec la fermeture de lignes de transformation de l'acier sur le site belge de Liège, qui a provoqué un tollé quelques mois seulement après la confrontation avec le gouvernement français à propos de Florange. En difficulté en Europe, ArcelorMittal a dévoilé début février une perte nette de 3,73 milliards de dollars pour 2012. (EH)