Bruxelles, 20/02/2013 (Agence Europe) - À quelques jours du sommet UE-Ukraine du 25 février, l'ambassadeur ukrainien auprès de l'UE, Kostiantyn Yelisieiev, a espéré, le 19 février, que ce sommet donnera un « élan important » aux relations entre l'UE et l'Ukraine. « Nous sommes une nation européenne, avec une identité européenne. Le sommet sera vraiment très important, j'espère que l'UE va comprendre cela », a-t-il expliqué. Il souhaite aussi que le sommet crée « un climat » pour la signature de l'accord d'association, très attendue par Kiev. « L'UE devrait donner un message clair qu'elle est déterminée à signer l'accord d'association définitivement en novembre », a ajouté l'ambassadeur. Sans vouloir donner plus de précisions, il a ajouté qu'il espérait que certains « documents importants » seront aussi signés le 25. M. Yelisieiev a précisé que la réforme judiciaire, le soutien de l'UE à la sécurité énergétique de l'Ukraine, la question des visas, le climat des affaires, les questions financières ou encore la sécurité et la stabilité de la région seront aussi à l'agenda du sommet.
L'ambassadeur appelle l'UE à être plus juste
Devant un petit groupe de journalistes, l'ambassadeur a aussi voulu faire passer quelques messages à l'UE, l'appelant à être plus juste au sujet de l'accord d'association, des visas ou bien de l'énergie.
Il est donc une nouvelle fois revenu sur l'importance de signer l'accord d'association, priorité absolue de l'Ukraine. « Cette année est la plus importante dans les relations UE-Ukraine. Nous n'avons jamais été aussi proches de la signature de l'accord (…) C'est le moment pour un pas historique », a-t-il souligné. Il a expliqué que si l'UE et l'Ukraine ont des « critères », des « benchmarks » que l'autre partenaire doit prendre en compte (19 ou 20 côté européen, 11 côté ukrainien), Kiev n'a jamais associé ces critères à la signature de l'accord, précisant que l'Ukraine utilise les « voies diplomatiques traditionnelles ».
Traitement inégalitaire
L'ambassadeur a aussi comparé cet accord avec l'accord de libre-échange UE-États-Unis. « Pouvez-vous imaginer que l'UE dise aux USA on veut signer l'accord mais vous devez atteindre certains critères. Il est inimaginable que l'UE dise 'on aurait déjà signé si vous aviez aboli la peine de mort'. Pourquoi l'UE essaie de promouvoir ces principes dans sa relation avec l'Ukraine ? », s'est-il demandé, faisant par exemple référence au statut des juges, au sujet duquel l'UE demande des réformes, tout comme sur la justice sélective, les problèmes soulevés par les élections législatives et l'agenda d'association. Selon lui, l'UE demande à Kiev de remplir les mêmes critères que si elle était candidate à l'adhésion.
M. Yelisieiev a ajouté que la signature de l'accord arrêterait toutes les spéculations concernant l'orientation vers l'ouest ou l'est de l'Ukraine. « L'UE dit que l'Ukraine doit choisir mais nous avons fait un choix clair » avec l'accord d'association, a-t-il expliqué, convaincu que l'accord sera signé et ajoutant que « nous n'avons pas de plan B, notre plan A est de signer l'accord ». Mais il sait aussi que la ratification sera difficile s'attendant à ce que certains États membres puissent faire ressortir des questions bilatérales.
Pour lui, depuis quelques mois, le ton de l'UE a changé en devenant plus positif, expliquant aussi que le commissaire à l'Élargissement et la Haute représentante comprennent l'importance de cet accord.
Politisation de la question des visas
L'ambassadeur a aussi reproché à l'UE de politiser la question des visas entre l'UE et l'Ukraine, Selon lui, dès que Kiev est arrivé à l'étape finale de la première phase, l'UE a rajouté des petits détails, sans lien avec ce plan d'action, tels que le droit de la minorité rom. Selon lui, certains États membres « ne sont pas très heureux » d'ouvrir leurs frontières à 46 millions d'Ukrainiens. Il a également rappelé que Kiev attend toujours la ratification de la facilitation des visas par le Parlement européen.
Mettre en œuvre les obligations en termes d'énergie
M. Yelisieiev a aussi regretté que l'UE n'aide pas plus son pays, à travers des actions concrètes, à assurer sa sécurité énergétique, ou à moderniser son système de transport de gaz malgré le mémorandum signé en 2009. « L'UE n'est pas si vigoureuse pour soutenir l'idée de la mise en œuvre complète des obligations du traité sur la communauté de l'énergie », a-t-il aussi déploré. Il lui a reproché d'être « sélective » dans l'application de ses normes, soulignant que certains États membres ne mettent pas en place certaines obligations alors que l'UE demande à l'Ukraine de mettre en œuvre toutes les siennes. « Nous appelons à la solidarité, à la compréhension et aux obligations sous-entendues par le traité », a-t-il expliqué. (CG)